Lors de son accueil au pape à l'aéroport de Madrid-Barajas, le roi d'Espagne, Felipe VI, accompagné de la reine Letizia et du Premier ministre socialiste, s'est exprimé sur la "clarté" et la "fermeté" du pape Léon XIV par rapport aux agressions sexuelles au sein de l’Église. Il a jugé ces éléments "essentiels" dans le discours d'accueil du pape, qui entame une visite de sept jours dans le pays.
"Votre clarté et votre fermeté, que je souhaite également saluer, sont cruciales dans le processus de guérison et de réparation des dommages infligés, tant pour les victimes que pour la communauté ecclésiastique et la société dans son ensemble", a déclaré le roi. Il a clairement évoqué la "douleur causée par les abus", soulignant qu'ils ne peuvent représenter l'immensité de l'Église.
Cette déclaration fait écho à un rapport du Défenseur du peuple, qui estime que plus de 200.000 mineurs auraient subi des abus de la part de religieux en Espagne depuis 1940. Pour répondre à ce fléau, le gouvernement de Pedro Sánchez et l'Église espagnole ont signé en mars dernier un accord pour indemniser les victimes, après des années de silence sur le sujet.
Une visite pour l'engagement social
Après avoir visité un centre social à Madrid, la première journée de Léon XIV se terminera par une veillée de prière au stade Santiago Bernabéu, où 400.000 jeunes sont attendus. Cette visite d'État comporte également un accent sur la justice sociale avec, entre autres, un discours devant le Parlement espagnol prévu pour lundi, ainsi qu'une excursion aux îles Canaries pour rencontrer des migrants et des associations d’aide.
Les déclarations de Felipe VI trouvent écho auprès d'experts comme Juan Carlos Ruiz, sociologue à l'Université Complutense de Madrid, qui souligne que "la reconnaissance des abus et l'ouverture à la discussion sont des étapes essentielles pour la réparation des victimes". Ainsi, la visite de Léon XIV est attendue comme un tournant pour la communication sur un sujet qui a longtemps été tabou au sein de l'Église.







