Les autorités de Hong Kong ont annoncé ce mercredi 10 juin l'engagement de poursuites pour homicide involontaire à l'encontre de plusieurs personnes et entreprises suite à l'incendie meurtrier survenu dans le quartier de Wang Fuk Court. Cet incident, survenu en novembre dernier, a entraîné la mort tragique de 168 personnes.
Les dirigeants d'une société de construction et d'un cabinet de consultants impliqués dans la rénovation des tours incendiées, ainsi qu'un inspecteur des bâtiments, ont été inculpés d'homicide involontaire. Les documents judiciaires consultés par l’AFP indiquent également que sept autres personnes sont poursuivies pour blanchiment d'argent et fraude fiscale.
Lors de leur comparution devant le tribunal, les prévenus ont affirmé qu'ils "comprenaient" les accusations portées contre eux. Les affaires ont été renvoyées à septembre pour permettre un examen plus approfondi.
Un total de 35 personnes interpellées
La police de Hong Kong a, jusqu'à présent, interpellé 35 individus en relation avec l'incendie, en collaboration avec la Commission indépandante de lutte contre la corruption (ICAC). Hazel Law, enquêtrice principale de l'ICAC, a déclaré lors d'une conférence de presse que les enquêtes avaient révélé que l'incendie avait probablement été causé par des actions d'individus ne respectant pas les normes de sécurité. Cela a conduit à des négligences graves dans la protection des résidents.
Ce drame est incontestablement le plus meurtrier à Hong Kong depuis 1948. Les flammes ont ravagé sept des huit tours d'habitation du complexe Wang Fuk Court, situé dans le district de Tai Po, au nord de l'île. L'enquête a révélé que les dispositifs de sécurité, cruciales en cas d'incendie, avaient échoué en raison d'une succession d'erreurs humaines, comme l'a souligné l'avocat général Victor Dawes devant la commission d'enquête.
Sécurité déficiente : un système d'alarme hors service
Il a également été révélé que les alarmes incendie de sept des huit tours étaient désactivées, ce qui a gravement entravé l'évacuation des résidents lors de l'incendie. Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs logements, le gouvernement local leur offrant un hébergement temporaire.
Les conclusions préliminaires, basées sur des mois d'enquêtes, indiquent que l'incendie aurait été déclenché par une cigarette allumée en contact avec des matériaux extrêmement inflammables présents dans et autour des bâtiments, aggravé par l'état de la propriété en rénovation, qui comprenait des échafaudages en bambou et des protections inappropriées.
Cette tragédie soulève de sérieuses préoccupations sur la sécurité des bâtiments à Hong Kong et a entraîné un appel à des changements immédiats dans les réglementations de sécurité incendie.







