Les travaux se déroulent à Saint-Nazaire, dans le cadre d'un projet ambitieux visant à restaurer le Fort Boyard, emblème de la Charente-Maritime. Dans la forme de radoub n°1, les équipes s'affairent autour d'immenses ponts roulants, sculptant des structures essentielles : un éperon et un havre d'accostage pour protéger l'édifice des assauts de l'océan, qui avait autrefois balayé les protections d'origine installées dans les années 1860. Ces nouvelles structures sont des répliques des éléments historiques du fort.

Conçues pour faire face à des vagues particulièrement puissantes, les nouvelles protections ont été minutieusement étudiées. Jean-Bruce Boisson, directeur d'exploitation chez ETPO, explique que le havre d'accostage et l'éperon, mesurant 8 mètres de haut, sont conçus pour résister à des pressions océaniques extrêmes. "Nous avons utilisé des maquettes pour tester ces structures et garantir leur efficacité face aux tempêtes", précise-t-il.
En effet, le design de ces ouvrages permettra aux navires d'accoster en toute sécurité tout en préservant l'intégrité des murs du fort. La réouverture au public est prévue pour l'été 2028.
Des pressions extrêmes lors des tempêtes
Les nouvelles structures, qui représentent un coût de 36,6 millions d'euros hors taxes, sont financées par un consortium de dons, y compris 14 millions votés par le Département et 5 millions de l'État. Sylvie Marcilly, présidente du Conseil départemental, souligne l'importance du soutien public : "Ce chantier représente un enjeu patrimonial majeur pour notre région."
Les bétonneurs assurent que ces nouvelles protections permettront au fort de résister face à la montée des eaux prévue dans les prochaines décennies. Grâce à ces travaux, Fort Boyard pourrait conserver son statut d'emblème iconique, à condition de respecter l'ingénierie complexe prévue lors des études de conception.
Les deux ouvrages de béton, pesant respectivement 4 000 et 2 500 tonnes, seront transportés en mer et installés sous des conditions de mer optimales. "C'est un défi logistique que nous sommes prêts à relever", conclut Julien Merceron, directeur des travaux, avec un sourire complice.







