Ce dimanche, les électeurs suisses se rendent aux urnes pour se prononcer sur une initiative populaire contre l'immigration visant à plafonner la population, ainsi qu'un projet gouvernemental pour resserrer les critères d'accès au service civil, prioritaires pour le service militaire.
En Suisse, la majorité des citoyens optent pour le vote par correspondance. Les bureaux de vote ne resteront ouverts que quelques heures, fermant pour la plupart à midi, avec des résultats préliminaires attendus durant l'après-midi.
Les derniers sondages, rapportés par la RTS, indiquent que les deux questions seront disputées. Bien que l’initiative sur l’immigration ait des chances de rejet, son acceptation pourrait engendrer des tensions avec l’Union européenne, un partenaire commercial incontournable pour la Suisse, selon Le Temps.
Bien que non membre de l’UE, la Suisse maintient des relations économiques étroites avec l'entité. L'initiative, soutenue par l'Union démocratique du centre (UDC), le principal parti de droite, vise à limiter l'immigration pour que la population permanente ne dépasse pas 10 millions d’habitants d’ici à 2050, alors que le pays en compte actuellement environ 9,5 millions.
Les partisans de l'initiative avancent que la surpopulation engendre des problèmes tels que la crise du logement, l’augmentation des loyers, et des services publics déjà sous pression. Yvan Pahud, député UDC, a souligné à l’AFP que "la Suisse est un petit pays qui n'est pas extensible" et qu’il est crucial de "ne pas accueillir toute la misère du monde".
Rejetée par le gouvernement, les principaux partis, les syndicats et le patronat, cette initiative nécessite une double majorité pour être adoptée : celle des votants et celle des cantons. Selon le gouvernement suisse, cette proposition "met en danger la prospérité, la sécurité intérieure et l’héritage humanitaire du pays".
Le ministre de la Justice, Beat Jans, a averti dans la Tribune de Genève que "le 14 juin pourrait marquer le début d’un isolement similaire à celui du Brexit" si l’initiative est adoptée.
En parallèle, les Suisses voteront également sur un projet de loi visant à durcir l’accès au service civil, alors que les tensions géopolitiques et le conflit en Ukraine incitent de nombreux pays à renforcer leurs armées. Ce référendum, proposé par la gauche, est jugé "dangereux" car il pourrait mener à la fin de l'option de service civil pour les objecteurs de conscience.
Un sondage de gfs.bern révèle que les opinions sont partagées : 48% se déclarent en faveur de l’assouplissement des conditions d’accès au service civil, tandis que 46% y sont opposés.
En Suisse, le service militaire est obligatoire pour les hommes, dans un système de milice, mais depuis 1996, ceux qui ont des objections de conscience peuvent remplir un service alternatif. Cependant, le gouvernement a exprimé des préoccupations croissantes suite à l'augmentation du nombre de ces objecteurs, exacerbée par la suppression de la commission de vérification en 2009.







