Au moins 11 personnes ont tragiquement perdu la vie lundi lors d'une nouvelle offensive russe dans plusieurs villes d'Ukraine, et la cathédrale de la Dormition, un monument orthodoxe datant du XIe siècle inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, a été ravagée par les flammes. Ce bombardement a suscité des réactions indignées aux niveaux national et international.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé les leaders du G7, réunis en sommet en France, à réagir de manière "décisive et substantielle". Il a demandé une pression accrue sur les agresseurs russes et plus de soutien pour renforcer la défense antiaérienne du pays, alors que les frappes continuent de semer le chaos. Selon des journalistes de l'AFP présents sur le terrain, des habitants de Kiev cherchaient désespérément refuge alors que le ciel était illuminé par des explosions.
Les attaques ont provoqué un incendie majeur sur le toit de la cathédrale de la Dormition, l'une des joies architecturales de la Laure des Grottes de Kiev, qui constitue une partie essentielle du patrimoine culturel ukrainien. Le métropolite Épiphane de Kiev n'a pas tardé à condamner cette attaque, la qualifiant de "crime contre l'humanité et un affront à l'Histoire", rapportait Franceinfo.
Du côté russe, le ministère de la Défense conteste toute responsabilité, affirmant que la cathédrale aurait été touchée par un missile de défense antiaérienne ukrainienne de type Patriot. Cependant, le chef des secours a indiqué que le bâtiment avait été gravement endommagé, avec une façade éventrée et le toit réduit en cendres. La réaction du président français Emmanuel Macron sur X (anciennement Twitter) a été franche : "Rien ne peut justifier cette attaque contre notre patrimoine universel".
Des sources ukrainiennes estiment que la Russie aurait tiré environ 70 missiles et 611 drones, ciblant principalement Kiev où 50 missiles auraient été interceptés. Le maire de la capitale, Vitali Kitschko, a déploré la perte de cinq vies et 35 blessés. À Kharkiv, la seconde plus grande ville, un bilan tragique fait état de quatre secouristes et un employé municipal tués, tandis que neuf autres innocent victimes étaient blessées.
La situation est tout aussi préoccupante à Kherson, où une vie a été perdue dans une attaque matinale. En parallèle, une attaque de drones ukrainiens contre la ville de Toula, au sud de Moscou, a également causé la mort d'au moins trois personnes, comme le rapporte le média russe TASS.
Outre la cathédrale, ces frappes ont touché plusieurs sites culturels importants, tels que le studio de cinéma Dovjenko à Kiev, le Musée des Beaux-Arts de Kharkiv et la Maison de la musique à Dnipro. Zelensky a déclaré : "Cette frappe contre la Laure est une attaque contre la communauté chrétienne et contre le patrimoine culturel de l'humanité. Rien ne saurait justifier cet acte".
Dans un contexte de conflit figé, la diplomatie semble à l'arrêt. La Russie, après une attaque ukrainienne sur un lycée occupé ayant fait 21 morts, avait promis des frappes massives. Les négociations sont au point mort, malgré les efforts diplomatiques des États-Unis. Un dialogue entre Zelensky et Poutine a eu lieu lors de l'anniversaire de Donald Trump, mais aucun progrès réel n'a été enregistré concernant un cessez-le-feu.
Au terme de plus de quatre ans de conflit, la palpitante situation diplomatique reste précaire, laissant entrevoir un avenir incertain pour l'Ukraine.







