Le mardi 16 juin, Toulouse a connu sa deuxième nuit de couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, coïncidant avec le match des Bleus contre le Sénégal au Mondial 2026. De 22h à 5h, les adolescents ne pouvaient quitter leur domicile sans un adulte responsable. ICI Occitanie a rencontré des collégiens qui ont choisi de braver cette règle.
Place Wilson, en plein cœur de la ville, l’ambiance est électrique. Les bars diffusent le premier match des Bleus et les supporters sont en émoi. À quelques mètres, deux adolescents de 14 ans, surnommés "Lacrade" et "Tounsi", sont assis sur un banc. Ils découvrent qu'ils enfreignent la loi en restant dehors. "On a pas le droit d'être dehors ?", s'interroge Lacrade. "On devait rentrer en train mais on l'a raté. Je ne savais pas qu'il y avait un couvre-feu," répond Tounsi.
Ce couvre-feu, instauré suite aux débordements lors de la finale de la Ligue des champions le 30 mai, interdit aux moins de 16 ans d'être dans l’hypercentre, à moins d'être accompagnés. Comme l'indique un responsable de la mairie, cette mesure vise à prévenir d'éventuels incidents. Toutefois, de nombreux jeunes, comme Lacrade et Tounsi, semblent indifférents aux dangers éventuels.
Pour eux, ce couvre-feu ne change pas grand-chose. "Je vis mon enfance comme je veux, tant que mes parents sont d'accord," affirme Tounsi. Son discours est partagé par de nombreux adolescents vis-à-vis des matchs. "J'ai d'autres priorités dans ma vie," ajoute-t-il, révélant une certaine désinvolture envers le football.
Selon un agent de police, la mise en application de ce couvre-feu reste complexe. Le secrétaire du syndicat Un1té, Christophe Marin, critique la difficulté de contrôler les rassemblements de jeunes, soulignant que "les effectifs sont limités et les missions nombreuses". Il rappelle que la responsabilité incombe principalement aux parents de garder leurs enfants à la maison lors de ces nuits festives.
Malgré ces restrictions, Tounsi affiche une certaine confiance. Il explique que sa mère utilise une application pour suivre sa localisation et peut intervenir à tout moment. Bien que des sanctions financières soient possibles, il ne semble pas préoccupé. Au contraire, la soirée du 17 juin s'est déroulée sans incident majeur, comme l’a confirmé le directeur de cabinet de la préfecture d'Occitanie.
La discussion autour de ce couvre-feu soulève des questions pertinentes sur la jeunesse et sa relation avec l'autorité, surtout dans un contexte de célébrations sportives comme le Mondial 2026. La perception de la responsabilité et la quête de liberté semblent être au cœur des préoccupations de ces jeunes collégiens.







