Dans un contexte de bouleversements politiques en Amérique latine, la droite colombienne a célébré une nouvelle victoire avec l'élection d'Abelardo de la Espriella, avocat et homme d'affaires résolument ancré à droite. Présenté par de nombreux médias comme un proche de Trump, De la Espriella a fait campagne sur la promesse de restaurer l'autorité de l'État, un enjeu crucial pour un pays en proie au narcotrafic, aux guérillas et à la corruption.
Sa victoire, obtenue le 21 juin, marque le sixième succès consécutif de la droite latino-américaine, suivant les traces de leaders tels que Javier Milei en Argentine et Daniel Noboa en Équateur. De la Espriella, à 47 ans, a réussi à s'imposer avec 49,70 % des voix face à l'opposant de gauche Iván Cepeda, qui a récolté 48,70 %.

La défaite de la gauche a suscité des réactions houleuses, avec des manifestations à Cali et Bogota, où des groupes ont contesté les résultats. Iván Cepeda a évoqué une "mobilisation démocratique" pour défendre les acquis sociaux de ces dernières années, bien que son équipe n'ait pas réussi à obtenir le soutien escompté.
Le message de De la Espriella a été clair : "Aux narcos, terroristes et corrompus, je le déclare, la Colombie a un nouveau gouvernement". En termes de sécurité, il propose la construction de méga-prisons sur le modèle salvadorien. Toutefois, il doit composer avec un parlement dans lequel il ne détient pas la majorité.
Cette élection met un terme à l'intermède de gauche amorcé par Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire du pays, qui a souffert d'une forte opposition et de l'inefficacité de ses politiques face à la montée du narcotrafic. Selon des rapports de El Tiempo, durant son mandat, la superficie dédiée à la culture de la coca a considérablement augmenté.
Déjà critiqué pour ses politiques laxistes vis-à-vis du narcotrafic, Petro a cependant su rassembler une coalition de gauche auparavant fragmentée, mais sans réel impact sur les résultats économiques, dont l'amélioration apparente semble liée à des facteurs extérieurs plutôt qu'à ses actions gouvernementales. Les défis qui attendent De la Espriella sont nombreux, et avec un parlement hostile, sa capacité à mener à bien ses réformes semble compromise.
En somme, la victoire d'Abelardo de la Espriella incarne une dynamique politique qui ne fait qu'accélérer le glissement vers la droite en Colombie et au-delà, mais les réactions de la gauche montrent que le chemin vers une stabilité politique pourrait être semé d'embûches.







