Face aux invités de Carnet pro, mardi 23 juin 2026 à Tours, le directeur général de la Banque publique d’investissement (BPI) a défendu la thèse de son dernier livre « La dette sociale de la France ».
« Ma liberté de ton, c’est ma personnalité. » Pour Nicolas Dufourcq, à la tête de la Banque publique d’investissement (BPI), sa position ne l’empêche pas de s’engager dans les débats économiques et politiques qui préoccupent les Français. Bien au contraire, il considère ce rôle comme essentiel. Dans son ouvrage, La dette sociale de la France (Odile Jacob), l’ancien directeur financier de Capgemini critique fermement un État-providence qu’il juge excessif, le désignant comme la source principale de la dette sociale du pays. « Sur 3.500 milliards d’euros de dette, 2.000 milliards ne préparent pas l’avenir », a-t-il déclaré lors des petits-déjeuners de Carnet Pro, organisés par La Nouvelle République.
Souveraineté et finances publiques
Évaluant une France qui vit « au-dessus de ses moyens », Dufourcq estime qu’il faudrait réaliser des économies de 100 milliards d’euros par an pour réduire la dette de l’État. Il cible notamment l’âge de départ à la retraite, qu’il propose de relever à « 67 puis 70 ans », ainsi que la réévaluation des pensions, recommandant leur « désindexation sur plusieurs années ».
Sa critique de l’État-providence est accompagnée d’une réflexion sur la souveraineté française, qu’il définit par un « équilibre des finances publiques ». Concernant la taxe instaurée par l’économiste Gabriel Zucman, qui prône un impôt minimal sur les grandes fortunes, il estime qu’elle repose sur un diagnostic incorrect : « Dire que la France est un pays de riches est faux. La France est un pays de classes moyennes. »
Interrogé sur le défi du vieillissement de la population en France, Dufourcq rappelle qu’il sera crucial d’accueillir l’immigration. Face aux tensions commerciales entre l’Europe, les États-Unis sous Donald Trump et la Chine de Xi Jinping, il affiche un certain optimisme : « Nous allons gagner, nous sommes l’Europe ! Simplement, nous sommes vraiment lents à positionner nos pièces sur l’échiquier… »
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