Vendredi, les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux États-Unis ont scellé un accord trilatéral avec le département d'État, marquant une étape vers le désarmement du Hezbollah et la reprise du contrôle par l'armée libanaise de certaines zones critiques. Toutefois, des partisans du mouvement pro-iranien ont immédiatement manifesté au sud de Beyrouth, exprimant leur désaccord face à cet accord potentiellement controversé.
L'accord vise à établir "une paix durable" entre Israël et le Liban, Israël affirmant que son armée resterait présente au Liban tant que le Hezbollah, un groupe armé soutenu par l'Iran, ne serait pas désarmé. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré : "Nous sommes heureux d'annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d'Israël, soutenu par les États-Unis." Il a qualifié cet accord de première pierre pour une sécurité durable dans la région.
Le président libanais Joseph Aoun a ajouté que cet accord représentait un "premier pas" vers la restauration de la souveraineté libanaise, tout en soulignant l'absence d'"occupation" ou de "tutelle". Cependant, le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a exprimé des inquiétudes quant aux conséquences de l'application de cet accord, le qualifiant de potentiel déclencheur d'une "guerre civile".
Des manifestations à Beyrouth
Un des éléments clés de l'accord porte sur le "désarmement vérifié des groupes armés non étatiques" dans la région. Cette clause vise particulièrement le Hezbollah, qui a toujours contesté de telles négociations.
Suite à l'annonce de l'accord, des manifestations ont eu lieu dans les rues de Beyrouth, notamment à proximité du Parlement. Les partisans du Hezbollah ont bloqué certaines routes avec des pneus enflammés, selon l'agence nationale d'information ANI. Des points de contrôle temporaires de l'armée libanaise ont été établis en réponse à ces troubles.
Les discussions entre le Liban et Israël, qui avaient repris à Washington en avril dernier, représentent les premiers pourparlers directes depuis des décennies entre ces deux nations encore techniquement en état de guerre. Cela fait suite à plusieurs réunions, la dernière étant la cinquième en date.
L'armée israélienne demeure en position
À travers cet accord, l'objectif est de transférer progressivement le contrôle de deux "zones pilotes" à l'armée libanaise, en vue d'étendre ce contrôle à d'autres secteurs. Cependant, Benyamin Nétanyahou a précisé que les forces israéliennes resteraient présentes au sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah soit désarmé. Selon lui, l'élimination de cette menace retirerait la nécessité d'intervention militaire en territoire libanais.
Marco Rubio a même annoncé une aide humanitaire immédiate de 100 millions de dollars, ainsi qu'un soutien supplémentaire aux Forces armées libanaises pour favoriser une paix durable dans le pays. Cette aide a été formulée en coordination avec l'ONU. Tom Fletcher, responsable de l'aide humanitaire à l'ONU, a plaidé pour un accès facilité aux personnes en détresse, insistant sur l'importance de la réparation des infrastructures critiques.
Engagement des États-Unis envers le Liban
En vertu de l'accord-cadre, les États-Unis s'engagent à soutenir le gouvernement libanais dans ses efforts de reconstruction et de relance économique, tout en veillant à ce que les fonds ne soient pas détournés vers des groupes armés. Les hostilités entre Israël et le Hezbollah avaient repris début mars, provoquant une escalade des tensions dans la région. Des frappes israéliennes ont causé de lourdes pertes humaines, mettant en lumière la nécessité d'une solution pacifique. Malgré une trêve annoncée, les affrontements n'ont jamais vraiment cessé, relevant la complexité de la situation en cours.







