Le Pérou est entré dans une nouvelle ère politique avec la proclamation officielle de Keiko Fujimori comme présidente élue. Cette annonce, réalisée par la plus haute autorité électorale du pays, met un terme à des semaines de tension autour d'un scrutin parmi les plus disputés d'Amérique latine. Fujimori a remporté la victoire avec un écart de moins de 50 000 voix sur son adversaire de gauche, Roberto Sánchez, qui, de son côté, refuse de reconnaître sa défaite et a déposé un recours devant la Commission interaméricaine des droits de l’Homme.
Jeudi, le Jury national des élections (JNE) avait déjà écarté une demande de Sánchez, qui souhaitait annuler les votes étrangers, qualifiant ses arguments de non-fondés. Lors d'une cérémonie solennelle à Lima, le président du JNE, Roberto Burneo, a déclaré : «Je proclame Mlle Keiko Sofia Fujimori Higuchi présidente de la République, et M. Luis Fernando Galarreta Velarde premier vice-président de la République».
Âgée de 51 ans, Keiko Fujimori, issue d’une lignée présidentielle riche en turbulences, succédera au gouvernement intérimaire de José Maria Balcazar le 28 juillet prochain. Elle représente un retour du fujimorisme, un héritage qui suscite des sentiments ambivalents au sein de la population péruvienne en raison du passé complexe de son père, Alberto Fujimori. Bien que celui-ci ait été reconnu pour avoir stabilisé le pays face à des groupes terroristes, il n'est pas exempt de controverses, ayant été condamné pour corruption et violations des droits de l'homme.
La victoire de Fujimori a été saluée par des dirigeants conservateurs de la région, tel que Javier Milei en Argentine et José Antonio Kast au Chili. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a également exprimé son enthousiasme quant à renforcer la coopération avec le Pérou sous l'administration Fujimori.
Le mandat de Keiko Fujimori, qui court jusqu'en 2031, s'annonce déjà semé d'embûches dans un pays marqué par l'instabilité politique. Alors qu'elle commence ce nouveau chapitre avec attitude responsable et un sens du devoir, comme elle l'a exprimé sur X, le chemin reste semé d'incertitudes face à un pays profondément divisé.







