Dans une session marquée par des contradictions, la cour suprême américaine, largement conservatrice, a permis à Donald Trump de renforcer encore ses pouvoirs présidentiels, tout en lui infligeant des revers significatifs sur des questions prioritaires.
En effet, lors de sa dernière décision, rendue mardi, la cour a rejeté la remise en question par le président républicain du droit du sol. Celui-ci garantit la citoyenneté aux enfants nés de parents immigrés en situation irrégulière, que la cour a qualifié de « promesse fondamentale des États-Unis » pour tous les natifs.
Ce rejet s'inscrit dans une série de revers que Donald Trump a subis, notamment l'annulation en février de ses mesures douanières et le maintien en fonctions d'une gouverneure de la Réserve fédérale (Fed) qu'il souhaitait limoger. Selon l'expert juridique Gerard Magliocca, ces pertes marquent une « mauvaise session » pour le président, bien que d'autres aient observé que l'administration a remporté d'autres batailles juridiques.
Le président de la cour suprême, John Roberts, a souligné l'importance de la Constitution durant un débat sur le droit du sol : « C'est un nouveau monde, mais c'est la même Constitution », rétorquant ainsi à l'argument d'un représentant de Trump qui évoquait un « nouveau monde » où presque tout le monde pourrait donner naissance à un citoyen américain.
Sur des questions sociétales comme le port d'armes ou les droits LGBT+, la majoritaire conservatrice a néanmoins pris des décisions conformes à ses idéaux, autorisant notamment l'exclusion des sportives transgenres des compétitions féminines.
La cour a également ratifié la politique d'expulsions massives d’immigrés de Trump, permettant de révoquer sans contrôle judiciaire le statut de protection accordé à 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens.
Dans un tournant notable, le comité a affirmé le droit du président à limoger les responsables d'agences indépendantes, annulant des précédents juridiques en place depuis près d'un siècle. Cela pourrait avoir des effets considérables, notamment en incitant des experts à se montrer prudents dans leurs évaluations par crainte d'être renvoyés, comme l'écrit l’ancien procureur fédéral Harry Litman.
Cette crainte est bien réelle, car il suffit d’un exemple pour créer un climat d’anxiété au sein des administrations : « Il n'est pas nécessaire de licencier beaucoup de gens pour faire trembler tous les autres », explique-t-il.
Enfin, la cour a restreint les découpages électoraux en faveur des minorités, ce qui pourrait contribuer à des gains électoraux pour les républicains lors des prochaines élections de mi-mandat.







