Une investigation menée par les médias StreetPress et Reflets met en lumière le profil de plusieurs individus associés à Quentin Deranque lors de son décès, survenu le 12 février. Plutôt que de simples « amis bénévoles », ces personnes s'avèrent appartenir à des groupes d'extrême droite, certains d’entre eux étant déjà associés à la mouvance néofasciste à Lyon.
Le collectif Némésis a prétendu durant plusieurs jours que son « service d'ordre », présent au moment de la tragédie, était composé uniquement de jeunes bénévoles venus pour aider et non pour se battre, comme l'a déclaré sa présidente, Alice Cordier. Cette histoire a été largement reprise par divers médias après la mort de Quentin Deranque, suite à des affrontements avec des militants antifascistes.
Toutefois, le profil de Quentin Deranque, co-fondateur d’un groupuscule néofasciste et rédacteur de nombreux tweets exaltant des idées néonazies, remet en question cette version. Les révélations de StreetPress et Reflets confirment que la quinzaine d'hommes présents aux côtés de Némésis ce soir-là sont bien liés à des organisations d’extrême droite violentes.
Des liens avec des groupuscules d’extrême droite
Sept d'entre eux ont été interpellés et perquisitionnés récemment, tandis que neuf militants antifascistes demeurent en détention provisoire. De nombreux membres des groupes d'extrême droite se sont également annoncés aux commissariats pour témoigner et porter plainte.
Certains d’entre eux sont affiliés au groupuscule néofasciste Jeunesse Lyon Populaire, dont l'organisation a été dissoute en juin 2025 en raison d’« apologie de la collaboration avec le nazisme ». D'autres ont des liens avec Héritage, un groupe identitaire successeur des Remparts, également dissous en 2024.
Des membres comme Pol-Oscar L. ont pu se présenter aux policiers en affirmant : « Nous n'avons aucune organisation collective, nous sommes pacifiques », malgré des antécédents notables, suivant une tendance parmi certains d'être aperçus en train de faire des gestes associés à la néonazisme.
La paroisse Saint-Georges comme lieu de recrutement
Certaines de ces personnes sont également liées à la paroisse Saint-Georges. Des recruteurs de Némésis ont impulsé des adhésions à leur « service d'ordre » aux sorties de messes traditionnelles. Des membres comme Sébastien P. ont illustré leur appartenance à cette idéologie par des références explicites à des chants des Jeunesses hitlériennes.
Les membres de Némésis se sont donc mobilisés pour composer une véritable coalition néofasciste le 12 février, affrontant des militants antifascistes, un tour tragique de la dynamique sociale sur le terrain politique à Lyon. Et ce n'est pas un hasard si ces membres ne se retrouvaient pas là par « amitié », mais en tant que représentants d’un ensemble organisé.







