À retenir
Alors qu'il a perdu ses mandats et fait face à d'importantes accusations, l'ex-maire LR de Levallois-Perret, Patrick Balkany, comparaît ce mardi 7 avril devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour deux affaires distinctes de détournement de fonds publics.
De retour devant la justice, Patrick Balkany est attendu pour plusieurs jours d'audience. Le tribunal se penchera d'abord sur l'affaire du Codeeil, une association liée à la mairie, qui aurait permis un emploi fictif au bénéfice de Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de la ville. À son décès en 2020, l'accusation allègue qu'il aurait perçu plus de 300 000 euros de rémunération après son départ à la retraite en 2012, ce qui soulève des soupçons de détournement de fonds publics.
Des policiers comme chauffeurs privés
Lors de cette audience, le tribunal examinera aussi les accusations de détournement de fonds publics en lien avec l'affectation de trois agents de la police municipale et un fonctionnaire de police nationale. Entre 2010 et 2015, ces policiers auraient été utilisés comme chauffeurs personnels, accomplissant des tâches éloignées de leurs missions de sécurité publique. Un témoignage d'un ancien chauffeur indique : "Je me suis senti comme un larbin de service". La défense a contesté cette accusation en affirmant qu'il s'agissait d'un "impératif de sécurité" pour l'ancien maire, qui avait déjà subi des attaques dans le passé.
Un ancien baron politique en déclin
Alors qu'il se retrouve isolé politiquement, Patrick Balkany se présente face à la justice pour ce nouveau procès. Condamné à dix ans d'inéligibilité et ayant vu sa liste lors des dernières élections municipales largement rejetée, il peine à retrouver une légitimité dans le paysage politique. Les sondages avaient donné à sa liste seulement 7,4 % des voix face à la maire sortante.
Ces affaires viennent s'ajouter à son casier judiciaire, déjà terni par une condamnation définitive pour avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. Patrick Balkany a déjà purgé une peine de cinq mois de détention en 2019-2020, puis six mois supplémentaires en 2022. Selon une analyse du site La Dépêche, ce nouveau procès pourrait avoir des répercussions significatives sur la carrière politique du septuagénaire, qui semble éloigné des sphères de décision.







