Traditionnellement, après les élections municipales, les maires de la métropole accèdent au poste de vice-présidents dans le cadre du premier conseil métropolitain. Cependant, la nouvelle maire de Toulon, Josée Massi, a décidé de prendre un autre chemin.
« Je ne suis pas au courant de ce qui se passe en coulisses », se justifiait un conseiller municipal de la majorité lors du conseil municipal du 3 avril, comme rapporté par Valeurs Actuelles. Selon Isabelle Bonnefoy, directrice de cabinet de la maire, il est trop tôt pour parler. Le premier adjoint de Toulon, Julien Orlandini, a laissé entendre que des annonces seraient faites lors du conseil métropolitain prévu le 9 avril concernant l’élection du président et des vice-présidents de Toulon Provence Méditerranée (TPM).
Le conseil métropolitain comprend 89 conseillers électoralement désignés, représentant les douze communes de TPM. Leur rôle est de débattre et de voter sur les décisions déterminantes pour le futur du territoire. Ils sont également chargés d'élire le président et les vice-présidents.
Pour l’instant, un seul candidat s’affiche pour la présidence : Laure Lavalette, candidate du RN à la mairie de Toulon, ne semble pas encore avoir pris de décision définitive. En parallèle, Jean-Louis Masson, président du département, ne s'opposera pas à Josée Massi, ce qui laisse entendre des accords tacites pour une répartition équilibrée des responsabilités sans antagonismes ouverts.
Une vice-présidence RN inenvisageable
Historiquement, chaque maire des douze communes de TPM reçoit une vice-présidence, garantissant ainsi la représentation de toutes les voix. Pourtant, la maire Massi semble vouloir changer cette dynamique. « Il est impensable pour elle d’intégrer un vice-président d’étiquette RN, même élu démocratiquement », s’indigne Laure Lavalette dans un café surplombant le port de plaisance.
Josée Massi pourrait tenter de faire passer son choix controversé en proposant d'accroître les prérogatives de la Conférence des maires, un organe consultatif qui vise à améliorer la coordination entre les politiques locales et les orientations métropolitaines. Selon Amaury Navarranne, conseiller municipal RN, cet organe, bien que non décisionnel, facilite une approche collaborative.
Lors de son élection, Massi a promis une majorité constructive et un débat inclusif, veillant « à ce que personne ne soit laissé pour compte ».
Dénis de démocratie ?
Les récentes discussions sur la gouvernance de la métropole soulevées dans les médias interpellent sur la nature même de notre démocratie local. « Ce n’est pas en contournant les règles démocratiques qu’on fait disparaître des idées », rappelle Magali Turbatte, ancienne adjointe à la mairie de Toulon. Avec des manœuvres en cours pour marginaliser certains élus, la crainte d’un affaiblissement des principes démocratiques se renforce.
Il est essentiel de ne pas oublier que la gouvernance doit représenter le territoire dans toute sa diversité d’opinions. Ignorer l’existence de certaines voix, quel que soit le contexte, ne fait que creuser des fossés plus profonds dans le paysage politique local.
Le verdict final est donc attendu lors du conseil du 9 avril. Une date qui pourrait sceller l'avenir politique de Toulon pour les années à venir.







