Le projet de loi si longtemps débattu est suspendu à une seule mesure : la suppression des zones à faible émission (ZFE) destinées à restreindre l'accès aux véhicules polluants. À l'approche du vote décisif, le gouvernement envisage d'introduire un amendement pour tenter de préserver ce dispositif essentiel.
Les ZFE, instaurées en 2019 et étendues en 2021, visent à réduire les émissions de particules fines en excluant les véhicules anciens et polluants, surtout dans les centres-villes. Cependant, des députés de tous les bords critiquent la mesure, la jugeant injuste pour les ménages n'ayant pas les moyens de remplacer leur voiture. Comme le souligne Le Monde, cette remise en question pourrait entraîner des tensions politiques.
Alors que le projet de loi de « simplification » traverse enfin le Parlement, la pression monte. Le texte, qui vise à alléger certaines normes pour les entreprises, compte une centaine d'articles, parmi lesquels figure la suppression des ZFE, introduite au préalable par les Républicains et le Rassemblement national. La situation est de plus en plus incertaine ; en effet, certains élus redoutent que la suppression des ZFE n’entraîne une recrudescence de la pollution dans les zones urbaines.
Le gouvernement, même en anticipant une éventuelle censure par le Conseil constitutionnel, ne souhaite pas abandonner cette mesure phare. Une solution envisagée serait de conférer aux collectivités locales le pouvoir d’établir ou non des ZFE, comme l'indiquent des sources parlementaires au France Info. Ce compromis pourrait toutefois irriter le RN, qui a gagné en popularité en prônant l'abrogation des ZFE, qualifiant cette politique de « ségrégation sociale ».
En réponse, Pierre Meurin, député RN, a déploré : « Cela crée une inégalité pour les foyers modestes qui ne peuvent changer de véhicule facilement. » De son côté, la gauche s'oppose fermement à ce projet, qualifiant le texte d’« abominable fourre-tout » et appelant à un rejet massif.
Alors que le vote approche, le sort de cette loi demeure incertain. Les prochaines heures pourraient déterminer à la fois l'avenir des ZFE et celui du gouvernement dans les mois à venir.







