Le député de l’Hérault, Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a dévoilé un rapport riche de 80 propositions, qui sera soumis au vote lundi. Parmi ces mesures figurent la suppression de France 5 et une importante réduction des budgets alloués aux divertissements et aux jeux, ainsi qu'une refonte de la nomination des dirigeants du secteur.
Selon des sources proches du dossier, « ce rapport agit comme un véritable cost killer, prévoyant l’économisation d’un milliard d’euros pour le réinvestir dans le patrimoine », a précisé un analyste du rapport qui n’était pas encore public. Les premiers éléments ont été relayés par divers médias, dont Le Parisien, qui a révélé des informations clés sur ces propositions.
Pour atteindre ses objectifs, Charles Alloncle prône une fusion entre France 2 et France 5, ce qui entraînerait la disparition de France 5. Il recommande également de réduire de 75% le budget des jeux et divertissements de France Télévisions, en plus d'une diminution d’un tiers des ressources allouées à ses services sportifs, qui diffusent les plus grandes compétitions françaises.
Le député plaide aussi pour un rapprochement entre France Info et France 24, ainsi qu’une réduction significative des dépenses consacrées au Festival de Cannes, en instaurant un plafond de trois millions d’euros. Un autre aspect saillant de son rapport est la suggestion d'éliminer les postes redondants dans l'audiovisuel public. Au niveau musical, la suppression de l'une des formations de Radio France a également été envisagée.
Concernant la radio, Alloncle appelle à la suppression de Mouv’, l'antenne de Radio France dédiée à la culture hip-hop.
Chamboule-tout sur la gouvernance de l’audiovisuel public
Au-delà des économies, Alloncle vise une refonte profonde de la gouvernance de l'audiovisuel public. Il recommande que les dirigeants soient nommés par le président de la République, sur avis parlementaire et de l'Arcom, alors que depuis 2013, ce dernier est en charge de ces nominations. En outre, il propose d'interdire le passage vers des sociétés de production pour les anciens dirigeants durant une période de trois ans suivant leur départ.
Le député suggère également que ces dirigeants soient soumis au contrôle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, déjà en place pour surveiller les conflits d'intérêts parmi les élus et mandataires.
Ces propositions, au nombre de près de 80, ont suscité des réactions variées. Contacté par l'AFP, Alloncle a exprimé son mécontentement face aux fuites d'informations, demandant des mesures rectificatives de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Le rapport sera soumis au vote des 30 députés de la commission d'enquête ce lundi, après plusieurs mois de tension. Un résultat positif est essentiel pour que le document soit rendu public dans la semaine qui suit.







