Le 25 avril, une explosion sur la route panaméricaine a fait au moins 14 victimes et 38 blessés, marquant un tournant tragique dans une série d'attentats orchestrés par des dissidents des Farc. Le gouverneur Octavio Guzmán a confirmé ce bilan provisoire, tandis que la presse locale, dont le journal El Espectador, évoque une campagne déstabilisante visant les forces de l'ordre à l'approche du premier tour des élections présidentielles du 31 mai.
Une attaque, attribuée à ces groupes armés, s'est produite dans le secteur d'El Túnel à Cajibío, toujours selon El Espectador. Cette région, en proie à des offensives gouvernementales contre le narcotrafic, l'extorsion et l'orpaillage illégal, voit une intensité d'attaques rarement constatée depuis l'accord de paix de 2016. Les images diffusées montrent des civils en panique, des véhicules en flammes et des soldats appelés en urgence pour répondre à la situation.
Les incidents comprennent des attaques à l'explosif contre des bataillons, des tirs sur des commissariats et des drones armés visant des installations militaires, comme le rapportent plusieurs médias. La situation est particulièrement préoccupante pour la Mission d'observation électorale (MOE), qui a alerté sur une recrudescence des violences ciblant les candidats à l'élection. El Tiempo souligne que les menaces se sont multipliées, rappelant l'assassinat d'un candidat l'an dernier à Bogotá, un acte tragique qui rappelle les pires heures du conflit armé en Colombie.
Les groupes armés, actifs dans plusieurs régions, montrent leur force à travers ces attentats. Le quotidien El Nuevo Siglo décrit ces "pics de violence" comme la preuve d'une inefficacité des politiques de sécurité du gouvernement, critique à l'égard de la stratégie de "paix totale" de Gustavo Petro, qui tente de négocier avec tous les groupes armés. Le président, qui ne se représente pas, a qualifié les dissidents des Farc de "criminels" cherchant à restaurer un gouvernement d'extrême droite pour faciliter leurs activités illégales.
Au fur et à mesure que les élections approchent, la Colombie se retrouve néanmoins plus que jamais en état d'alerte, avec une population inquiète face à la montée de la violence.







