Lors du premier tour des élections municipales français, 16 % des électeurs ont eu recours à un outil d'intelligence artificielle pour prendre leur décision de vote, d'après une étude réalisée par le think tank Terra Nova. Ce sondage, mené par Toluna Harris Interactive, s'est basé sur les réponses de 4 145 électeurs dans des communes de plus de 3 500 habitants.
La recherche révèle divers usages : 7 % des utilisateurs ont confirmé un choix préexistant, tandis que 5 % ont modifié leur opinion suite à des recommandations de l'IA, et 4 % ont décidé de leur vote uniquement grâce à ces outils.
En parallèle, 11 % des Français ont admis avoir consulté des outils d'IA générative pour s'informer durant la campagne, plaçant cette méthode loin derrière des sources traditionnelles comme les tracts (59 %), les professions de foi (57 %), les discussions avec des amis (47 %) et les réseaux sociaux (32 %).
Les données démographiques révèlent des disparités marquées, avec un usage deux fois plus fréquent chez les hommes (20 %) que chez les femmes (10 %). Chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans, cette proportion grimpe à 35 %, alors qu'elle est négligeable (1 %) chez les plus de 75 ans.
Un usage plus urbain que rural
Il convient également de noter que l'usage des outils d'IA est plus répandu en milieu urbain, atteignant 22 % dans l'agglomération parisienne contre seulement 7 % en milieu rural. Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion de Toluna France, explique que cette différence s'explique par un lien plus direct entre élus et électeurs dans les petites communes, rendant un outil de médiation moins nécessaire.
Toutefois, Lévy souligne que l'usage de l'IA demeure marginal, souvent utilisé pour confirmer des choix plutôt que pour en décider de nouveaux. Son influence pourrait néanmoins être amplifiée lors des prochaines élections présidentielles, où un changement d'une fraction des électeurs pourrait avoir des répercussions politiques significatives.
Il conclut en affirmant que la question essentielle ne réside pas tant dans l'usage de l'IA, mais dans la conception de ces outils, la hiérarchisation de l'information qu'ils fournissent et les protections mises en place.







