Lors du match d'ouverture de cette Coupe du monde teintée de politique entre le Mexique et l'Afrique du Sud, des fans d'autres nations africaines ont signalé une vague de soutien envers l'équipe d'Amérique latine. Selon le média guinéen “Le Djely”, cette dynamique est le reflet des tensions liées à la xénophobie et au tribalisme qui marquent l'Afrique du Sud depuis plusieurs semaines, au moment où le pays fait face à des actes violents à l'encontre des immigrants.
Bien qu'il soit précoce de tirer des conclusions sur la performance des nations africaines à cette Coupe du monde, des événements clés se dessinent déjà. La victoire significative de l'équipe ivoirienne, les Éléphants, face à l'Équateur ainsi que la brillante première demi-heure des Lions de l'Atlas, confrontés au Brésil, sont à noter.
Cependant, c'est indéniablement le soutien massif envers le Mexique lors du match d'ouverture qui cristallise l'attention, au détriment des Bafana Bafana. Un choix d'encouragement surprenant : de nombreux supporters africains ont décidé de soutenir une équipe adversaire plutôt qu'une autre nation du continent. Ce phénomène, bien qu'il ait déjà existé, n'avait jamais pris une ampleur pareille.
Le ressentiment des fans africains vis-à-vis de l'équipe sud-africaine se veut une réponse directe aux récentes violences subies par de nombreux ressortissants d'Afrique au sein même de l'Afrique du Sud, un lieu qui, par le passé, a été un refuge contre la discrimination. Des violences aux résonances particulièrement choquantes ayant eu lieu dans des villes comme Durban et Johannesburg, amènent à s'interroger sur la nature de cette crise à laquelle les acteurs politiques sud-africains semblent souvent indifférents.
L'Afrique s'en prend à l'Afrique
Les restrictions contraignantes ont limité la présence de supporters africains dans les stades de la Coupe du monde, ce qui a conduit à une montée des tensions sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que cette "vengeance" se manifeste : par des publications virulentes sur des plateformes comme X, où des fans expriment leur solidarité envers l'équipe mexicaine comme un moyen de critiquer l'Afrique du Sud.
Les scènes de violences anti-immigrés qui viennent de se produire sont inacceptables, surtout en un temps où l’Afrique, unie, pourrait lutter contre ses démons internes. Pourtant, la situation en Afrique du Sud, un pays qui a souffert des affres de l'apartheid, est particulièrement ironique ; c'est précisément à ce pays que plusieurs de ses voisins avaient tendu la main par le passé.
Des Nigérians, des Ghanéens, des Malawites et d'autres ressortissants fuient désormais l’Afrique du Sud, un acte qui traduit un mépris palpable et une ingratitude faisant écho aux luttes des années passées.
S'il est peut-être injuste que le sentiment anti-sud-africain s'exprime à travers l'équipe nationale de football, il reste une réponse compréhensible face à une problématique plus vaste.
Irresponsabilité politique
Des voix s'élèvent ici et là pour attribuer ces violences à des causes économiques, à la montée de nationalismes extrêmes ou à des milices auto-proclamées. Pourtant, nombreux sont ceux qui insistent sur l'irresponsabilité des dirigeants politiques sud-africains, préoccupés davantage par leur avenir personnel que par celui d’une nation qui s’efforçait autrefois de transcender ses fractures.
Les événements qui se déroulent en Afrique du Sud révèlent des paradoxes frappants : un continent divisé, où les rivalités se cultivent entre ethnies et nations, au lieu de s'unir face à des défis communs. La lutte pour l'identité exige une prise de conscience collective, car une Afrique unie est potentiellement plus forte que la somme de ses divisions.







