À Orvault, situé au nord de Nantes, un terrain d’insertion temporaire récemment achevé pour accueillir neuf familles roms a coûté 1,2 million d’euros. Initialement opposé à cette initiative lorsqu'il était dans l'opposition, le nouveau maire Sébastien Arrouët fait face à la pression d'ouvrir ce site, compte tenu des sommes déjà engagées. Pour apaiser les riverains mécontents, il a instauré des conditions strictes de fonctionnement.
Il est difficile de faire marche arrière quand un investissement de 1,2 million d'euros a déjà été mobilisé. Ce terrain, dédié à l'hébergement de familles roms, suscite depuis plusieurs années de vives critiques en raison de son coût et de sa situation géographique. Dans un article du Figaro, les oppositions de Sébastien Arrouët à la création de ce site sont bien documentées. Pourtant, son élection l'oblige à adopter une position pragmatique. "Regardez comme c’est bucolique. On a presque l’impression que c’est un camping municipal", prétend-il maintenant, tentant de cadrer la situation.
Il reconnaît que cette dépense, complétée par 800 000 euros de frais de fonctionnement pour quatre ans, est exorbitante. Toutefois, lâcher ce projet maintenant ne semble pas être une option, ce qui l’a contraint à établir cinq exigences fermes concernant le fonctionnement du site.
"Nickel en permanence"
Parmi ses conditions : deux mobil-homes doivent être réservés pour des sans-abri locaux. Le démarrage de ce programme est également conditionné à l’évacuation d’un bidonville voisin, situé zone de la Pentecôte. De plus, Arrouët insiste sur le fait que le terrain doit rester "nickel en permanence" et qu'il suivra de près l’assiduité scolaire des enfants. Il a également émis une interdiction de toute nouvelle contribution pour réduire les bidonvilles avec l'agglomération ou la préfecture.
Avec plus de soixante implantations illégales recensées dans la métropole nantaise, la nécessité de créer des structures d’insertion pour favoriser l'intégration se confronte à une forte opposition des riverains. Un collectif local craint une chute de la valeur immobilière de ses propriétés, estimée entre 20 et 40 %. Pour tenter de résoudre ces préoccupations, le maire a décidé d’imposer un loyer initial modeste : 50 euros pour un trois-pièces et 60 euros pour un quatre-pièces. Sébastien Arrouêt souhaite trouver un équilibre entre "humanité" et "solidité" face aux occupations illicites.







