Réélue le 25 juin pour un quatrième mandat à la tête de l'Union européenne de radiotélévision (UER), Delphine Ernotte continue de bénéficier du soutien des dirigeants des médias publics européens. Cette réélection a lieu peu après la publication d'un rapport révélateur sur les dysfonctionnements au sein du service public en France.
Le document rédigé par une commission d'enquête parlementaire, dirigée par Charles Alloncle, décrit la gestion de France Télévisions comme marquée par une « culture de l’irresponsabilité » et propose 69 recommandations pour réformer le secteur. Malgré cela, Ernotte a obtenu la majorité des voix lors du scrutin à Prague, une situation comparable à celle d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, elle aussi critiquée pour sa gestion.
À l'issue de cette élection, Delphine Ernotte a exprimé sa gratitude envers ses homologues pour leur « confiance renouvelée » et a réaffirmé son engagement à défendre le rôle des médias de service public face aux « graves menaces » qui les entourent. Néanmoins, l'optimisme affiché semble détonner avec les conclusions du rapport Alloncle, qui indique que les défis majeurs proviennent en grande partie de l'intérieur du système : gouvernance déficiente, gestion financière controversée, et nécessité de réformes structurelles.
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) #DelphineErnotte #UER
Des défis au cœur de l'audiovisuel public
Le paradoxe est frappant entre la reconnaissance qu’elle reçoit de la part de ses collègues européens et les critiques acerbes qui fusent en France. Le rapport Alloncle relève notamment le manque de pluralisme dans le service public et appelle à la mise en œuvre de réformes audacieuses, dont la suppression de certaines chaînes (comme France 4 et France TV Slash), ainsi que l'optimisation de la gestion des programmes, en augmentant la mise en concurrence des contrats supérieurs à un million d'euros.
Ces propositions ciblent directement la direction de France Télévisions et soulèvent des questions sérieuses quant à la manière dont l'ensemble a été managé ces dernières années. La nécessité de rendre des comptes semble ainsi plus pressante que jamais, d'après les analyses d'experts dans le domaine tels que ceux du site Valeurs Actuelles.
En définitive, la réélection d'Ernotte à l'UER représente un nouveau chapitre dans un contexte de transformations nécessaires au sein de l'audiovisuel public, alors que les demandes de réformes fusent des deux côtés du Rhin.







