Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Erfurt les 4 et 5 juillet pour protester contre la montée de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). Selon un rapport de la Thüringer Allgemeine, ces manifestations n'ont pas empêché la réélection d'Alice Weidel et Tino Chrupalla à la tête du parti d'extrême droite.
Estimées entre 30 000 et 50 000 participants, les manifestations se sont déroulées sans incidents majeurs. Cet événement se déroule exactement un siècle après le congrès du Parti nazi à Weimar, provoquant ainsi une mobilisation considérable pour dénoncer la politique de l'AfD. "Des milliers de personnes ont fait le déplacement pour exprimer leur opposition à l'AfD," souligne la Thüringer Allgemeine.
La foule, brandissant des banderoles en faveur de la solidarité, n'a cependant pas réussi à perturber le congrès de l'AfD. "La cérémonie d'ouverture a débuté comme prévu," a rapporté un membre des organisateurs. Le congrès a accueilli environ 600 délégués qui ont réélu Alice Weidel et Tino Chrupalla, tout en intégrant plusieurs figures controversées, comme Stefan Möller, au comité exécutif fédéral.
L’aile radicale de l’AfD sort renforcée
La présence de Möller illustre la montée en puissance de l'aile radicale de l'AfD. Ce parlementaire de 51 ans, proche de Björn Höcke, a déjà été condamné pour l'usage de slogans nazis. En outre, six des quatorze membres du comité exécutif viennent de sections jugées "extrémistes" par les services de renseignement allemands.
Malgré ces tensions, la Thüringer Allgemeine note les aspects positifs de ces manifestations pacifiques, où des groupes comme "les grands-mères contre l'extrême droite" ont offert soutien et rafraîchissements aux manifestants. "Heureusement, aucune image de violence n'a émergé, ce qui aurait pu être exploité par les extrémistes de droite," conclut l'éditorial, mettant en avant la responsabilité sociale des manifestants.
Alors que des élections déterminantes approchent en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la dynamique entre l'AfD et les forces d'opposition se complexifie. La lutte contre la radicalisation devient essentielle pour une partie croissante de la société allemande.







