À seulement trois jours de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera le candidat du Rassemblement National pour la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affiché une remarquable union lors d'un "banquet champêtre" à Liévin, cœur du fief électoral de Le Pen.
Assise parmi ses militants, Le Pen a savouré l'événement au son d'un remix électro du célèbre "Mourir sur scène" de Dalida, une chanson chargée de significations dans ce contexte de tension.
Bardella, récent président du RN, n’a pas manqué de montrer son soutien: il a exhorté ses partisans à garder confiance en leurs valeurs. "Je me suis engagé pour elle, et j'espère la voir présidente dans quelques mois", a affirmé le jeune leader.
En cas d'inéligibilité de Le Pen, Bardella s'est positionné comme son successeur, disant que leur engagement politique était motivé par un sens du devoir, loin de toute ambition personnelle. "Nous avons une vocation sacrificielle", a-t-il ajouté, en se référant à leur mission politique.
Le Pen, de son côté, a déclaré qu'elle passerait le flambeau et bénéficierait de la "grande confiance" qu'elle a en Bardella, le qualifiant d'ami fidèle. "Nous ne nous découragerons jamais", a-t-elle promis, galvanisant son auditoire dans ce terrain où elle a goûté à des victoires comme à des défaites.
L'image de solidarité était essentielle pour dissiper les doutes créés par des positions divergentes au sein du parti nationaliste. Le rassemblement, bien que festif avec ses friteries et sa musique des années 80, était teinté d'un enjeu sérieux : le soutien aux candidatures et aux idées du RN.
Malgré les doutes sur l’affluence, avec certaines chaises vides, les participants ont fait preuve d’engagement. Pascal, 60 ans, a souligné que ce rassemblement n'était pas seulement une fête, mais une opportunité historique pour la France. Emilie, élue à Lillers, se montrait plus pragmatique, reconnaissant le risque d'une inéligibilité de Le Pen, mais soulignant que Bardella était prêt à prendre la relève.
Les discussions sur le programme politique étaient rares, car l'événement s'est davantage concentré sur des attaques ciblées contre des adversaires comme Jean-Luc Mélenchon et d’autres figures politiques qu'ils qualifient de "mini-Macron". La bataille politique semble bien lancée, où le nom du candidat ne sera qu'un détail face aux idées défendues.
"Soyez prêts pour cette bataille", a averti Bardella, tandis que Le Pen a rappelé que des sondages favorables ne signifient pas qu'ils doivent aborder cette élection avec légèreté. Elle a conclu en citant le "Chant des partisans", un hymne à la résistance, soulignant l'importance de l'unité en ces temps incertains, où "un ami sort de l'ombre" si besoin.







