Face à la tendance croissante d'exclusion des enfants de l'espace public, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) invite à redessiner nos villes. Dans un récent rapport, elle recommande de créer des « villes à hauteur d'enfant » et même d'envisager un abaissement de l'âge du droit de vote pour les jeunes.
L'émergence d'espaces « adultes only » dans divers domaines, allant de l'hôtellerie aux transports, a suscité une vive controverse en Europe. Ces initiatives sont souvent perçues comme une intolérance envers les enfants, alors que la France fait face à un taux de natalité historiquement bas, le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le rapport de la CNCDH, publié récemment, souligne une réduction alarmante de la présence des enfants dans les espaces publics au cours des quarante dernières années. Ce phénomène a été mis en lumière après l'annonce par la SNCF d'une offre de classe « Optimum » réservée aux voyageurs de plus de 12 ans, un choix jugé discriminatoire par de nombreux observateurs, comme l'a mentionné le rapport.
Saisie par la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, la CNCDH a qualifié cette exclusion d'« infantisme » et propose plusieurs mesures pour remédier à la situation, notamment l'interdiction des espaces « no-kids » sans justification claire. En prenant la parole sur RMC, Mme El-Haïry a souligné que cette discrimination pourrait nécessiter des ajustements législatifs.
Bien que le cadre légal français intègre déjà des principes de non-discrimination fondée sur l'âge, des appels à l'action collectifs ont été lancés pour encourager les démarches citoyennes et associatives. La députée Liot Constance de Pelichy a même introduit une proposition de loi visant à interdire ces espaces exclusifs, soutenant ainsi l'initiative de la CNCDH.
Sarah El Haïry a affirmé que la création de villes plus accueillantes pour les enfants profiterait également aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap. Les recommandations de la CNCDH incluent également la réduction de la vitesse de circulation dans les zones urbaines ainsi que l'aménagement d'aires de jeux en concertation avec les jeunes.
Pour renforcer la représentation des mineurs dans les décisions politiques, la CNCDH propose une réflexion sur l’abaissement de l'âge du droit de vote dans certaines élections. Un souhait qui vise à mieux intégrer la voix des plus jeunes dans les politiques publiques.
Dans cette démarche, Mme El Haïry a également relancé le label « Choix des familles » pour valoriser les établissements favorables aux enfants. Parents et enfants sont invités à partager leurs adresses inclusives préférées d'ici le 30 septembre.
Au-delà des statistiques, cette initiative traduit un besoin urgent de réhumaniser notre rapport aux enfants, souvent perçus comme des sujets à surveiller plutôt que comme des membres à part entière de notre société. La CNCDH rappelle, à juste titre, que leur dignité doit être reconnue sur un pied d'égalité avec celle des adultes.







