Après les répercussions de la dermatose nodulaire contagieuse qui a bouleversé le secteur agricole français, la tuberculose bovine fait son retour, plongeant les éleveurs de Côte-d'Or dans l'inquiétude. Bien que la maladie ne soit pas très contagieuse au sein d'un même troupeau, elle est véhiculée par des animaux sauvages tels que les sangliers et peut survivre longtemps dans l'environnement. Fin février, Olivier Renault, un éleveur basé à Courcelles-lès-Montbard, a dû faire abattre une vingtaine de ses vaches après la découverte d'un cas de tuberculose dans son troupeau. La maladie a été détectée lors de la prophylaxie annuelle, avec une réaction cutanée sur l'une des vaches.
Depuis, la situation est préoccupante pour d'autres éleveurs de la région, notamment Fabien Bernard à Millery, qui a également observé des cas positifs parmi son bétail. "Ce problème d'indemnisation est inadmissible", déclare-t-il, soulignant que la compensation offerte par l'État est largement inférieure à la valeur marchande de ses animaux. "Nous risquons de perdre 1.000 euros par bête, ce qui représente une perte économique considérable", ajoute-t-il.
D'autres éleveurs, comme Olivier Renault, font également face à des indemnisations jugées insuffisantes. "C'est inacceptable d'accepter une telle perte", indique-t-il, alors que, pour la troisième fois en quelques années, son élevage est frappé par la tuberculose.
Les inquiétudes grandissantes des éleveurs
Jacques de Loisy, président de la chambre d'agriculture de Côte-d'Or, a récemment exprimé son inquiétude, indiquant que les indemnisations n'ont pas été révisées depuis des années. Selon lui, la situation est maîtrisée dans les exploitations, mais les pertes financières sont significatives pour les éleveurs touchés. "Nous devons nous entretenir avec les autorités pour aborder ce problème", a-t-il déclaré.
La France, officiellement indemne de la tuberculose bovine depuis les années 2000, enregistre environ cent élevages infectés par an. La situation actuelle montre l'importance d'un suivi rigoureux pour préserver le statut sanitaire du pays, crucial pour les exportations de viande.
Une maladie qui n’est pas à prendre à la légère
Selon le Dr Claire Lemaire du Groupement Technique Vétérinaire de Bourgogne-Franche-Comté, la tuberculose bovine est due à Mycobacterium bovis et peut être transmise à l'homme, notamment par la consommation de lait cru. Bien que la contagion soit lente dans les cas maîtrisés, elle peut devenir plus rapide avec des lésions pulmonaires. Pour l’instant, les éleveurs doivent gérer des situations complexes tout en espérant une réforme des indemnisations pour alléger le poids de ces pertes.







