En France, un nombre alarmant d’églises sont menacées d'abandon, de vente ou de destruction d'ici 2030, en raison de coûts d'entretien qui grimpent alors que les ressources se tarissent. Cette situation incite de nombreuses communes et diocèses à envisager des mesures radicales.
À Escamps, dans l'Yonne, le maire a lutté pour préserver l'église de la commune. Yves Vecten, ancien maire, raconte : "Les travaux ont commencé juste avant Noël et vont durer six mois." Bien que l’église ait été ravagée par le temps, l’ancien élu est déterminé à redonner vie à ce monument. "Il faut absolument réparer les vitraux, sinon les pigeons risquent d’envahir l’intérieur", déplore-t-il.
Les plus grands défis restent l’infiltration d'eau et la dégradation des murs. "D’énormes traces de mousse montrent l'ampleur des dégâts. Le toit doit être étanchéifié de toute urgence", souligne Vecten.
Sauver l’église, coûte que coûte
Le coût des travaux s'élève à 380 000 euros, représentant un véritable casse-tête pour cette commune de 900 habitants. "Nous ne pouvons pas assumer seule cette dépense, alors j’ai mobilisé des aides de l’État, de l’Europe, de la région et du département, tout en lançant une association de sauvegarde pour récolter des fonds", ajoute-t-il. Grâce à ces efforts, Escamps a réussi à couvrir 80 % des coûts de rénovation.
"C’est un bel édifice, on se doit de s’investir pour lui", assure Yves Vecten en évoquant le rôle central que l’église a eu dans l’histoire de la commune. Mais il reconnaît que le manque d'occupation religieuse depuis une décennie est un problème croissant.
Une église, ça ne devrait pas être vendu sur Leboncoin
Face à la crise financière, certaines églises sont mises en vente. À Libercourt, dans le Pas-de-Calais, l’église Saint-Henri, inoccupée depuis sept ans, n’a d'autre choix que d'être convertie. "Une église ne devrait pas être mise sur Leboncoin", déclare une habitante, Doriane, préoccupée par cette situation. Elle suggère que la communauté devrait s'entraider pour maintenir ces lieux historiques.
Pour encadrer cette vente, le diocèse a établi des règles stricte, interdisant toute activité immorale dans les édifices vendus. "Il ne faudrait pas que ça devienne un bordel", remarque Doriane avec humour, tout en insistant sur l'importance de respecter ces bâtisses.
D'après l'Observatoire du patrimoine religieux, entre 2 500 et 5 000 édifices pourraient être abandonnés, vendus ou détruits d'ici 2030, mettant en péril un précieux héritage culturel.







