Des viticulteurs en détresse face aux gelées tardives
"Nous avons subi près de 50-60% de pertes à cause du gel," déplore Emeline Rouyer, gérante du domaine Petit Béru. Invité à l’événement marquant les vingt ans de Bourgogne Tonnerre, elle évoque des débuts difficiles : "Nous commençons à récolter les bénéfices de notre travail, tant en qualité qu'en reconnaissance des prix. Mais la route reste semée d'embûches." Cette réalité du monde viticole s’avère particulièrement cruelle avec les retours intempestifs des gelées, comme le rapporte Le Bien Public.
La Bourgogne, un terroir menacé par le climat
Les viticulteurs de Bourgogne, notamment ceux de Chablis, doivent rivaliser avec des enjeux environnementaux complexes. Rouyer explique : "Il y a une place considérable pour le Bourgogne-Tonnerre, surtout quand la qualité s'accompagne de prix accessibles pour tous". Pourtant, ce contexte économique devient de plus en plus difficile. Les pratiques de consommation ont évolué, et de nombreux clients ne peuvent plus se permettre de stocker de grands volumes de vin comme le faisaient leurs aînés. "Aujourd’hui, il faut faire attention aux dépenses. Le gel nous complique encore davantage la tâche," souligne-t-elle.
Une stratégie adaptée face aux ravages du gel
Concernant les mesures de protection contre les gelées, Rouyer explique : "Ces dispositifs sont très fiables, mais aussi très coûteux. Si je voulais en installer, je devrais hélas augmenter considérablement le prix des bouteilles, ce que je souhaite éviter. Je préfère garder des prix abordables tout en me serrant la ceinture sur d'autres aspects." Pour lutter contre les pertes, des méthodes comme les tailles tardives sont envisagées, même si elles ne garantissent pas une protection totale, seulement 30 à 35% de succès.
Un avenir incertain à cause du réchauffement climatique
Rouyer exprime ses inquiétudes sur l’avenir : "Les épisodes de gel deviennent de plus en plus précoces, sans doute à cause du réchauffement climatique. Avoir des températures de 24 degrés en journée, puis moins 6 la nuit est devenu courant. Cela impacte considérablement la croissance de nos vignes, les rendant plus vulnérables aux gelées tardives." La situation soulève la question de la rentabilité et de la durabilité de la viticulture bourguignonne dans un climat de plus en plus imprévisible.
En somme, la Bourgogne, avec ses richesses viticoles, fait face à un défi de taille. Les témoignages d'experts comme Emeline Rouyer mettent en lumière les réalités des viticulteurs qui, malgré des pourcentages de pertes alarmants et un marché exigeant, continuent de défendre leur passion pour la vigne et le vin.







