Ce mardi, une mobilisation sans précédent a eu lieu devant l'usine R.Bourgeois à Besançon, où les salariés ont choisi de débrayer à l'initiative de la direction. Cette action vise à dénoncer la concurrence déloyale provenant de la Chine et à alerter sur les risques qui pèsent sur leur emploi. R.Bourgeois, employant 450 personnes, projette d'envoyer entre 10 et 15% de son activité vers son site chinois, un tournant jugé inquiétant par les salariés et la direction.
« La pression de nos clients, qui ne souhaitent pas payer davantage, nous contraint à cette décision », a déclaré Raymond-Nicolas Bourgeois, le dirigeant de l'entreprise. Lors de cette mobilisation, un employé au micro a interpellé les autorités européennes : « Si la protection des transformateurs d'acier n'est pas assurée, toute une profession risque de disparaître dans les cinq prochaines années ». Séverine, salariée depuis 2004, a exprimé sa surprise : « Généralement, ce sont nous, les employés, qui appelons à débrayer. Que la direction le fasse montre l'urgence de la situation.
Face à une concurrence asiatique capable de produire à des prix 40% inférieurs, la direction se retrouve dans une position délicate. « C'était prévisible, mais l'entendre du dirigeant a une certaine importance. Oui, de l'inquiétude est présente, car notre secteur est très technique, et certains d'entre nous redoutent pour notre avenir », confie Céline, responsable à la comptabilité.
Par ailleurs, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, ainsi que le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, ont apporté leur soutien à cette initiative, qui s'inscrit dans un mouvement plus vaste de protestation ayant touché une centaine d'entreprises à travers l'Europe. Si rien n’est fait, les perspectives d’activité à Besançon pourraient être réduites de moitié dans les cinq ans à venir, mettant ainsi en péril un savoir-faire reconnu par des géants de l’automobile comme Stellantis et Renault.
« La situation est réelle, et il est impératif de poser un cadre réglementaire, y compris des barrières douanières, pour préserver notre industrie », a conclu Raymond-Nicolas Bourgeois, soulignant la nécessité d’une solidarité européenne pour contrer cette menace.







