Ce mardi 5 mai, une mobilisation inédite a eu lieu à l'école Les Étoiles de Bourogne, située dans le Territoire de Belfort. Les parents d'élèves se sont rassemblés dans le but de défendre une classe menacée de fermeture pour la rentrée 2026. Unsupported par un soutien direct du rectorat, ils ont mis en place une réunion publique pour évoquer leurs préoccupations et propager des idées créatives afin d'attirer l'attention de l'Éducation nationale.
Au sein de l'établissement, des pancartes accrocheuses ont été installées, affichant un message simple mais fort : "Laissons nos enfants bien apprendre." En parallèle, pour faire grimper les effectifs et souligner l'importance de la classe, les parents ont choisi d'adopter une approche peu commune : inscrire des moutons à l'école. Cette initiative absurde, mais symbolique, vise à illustrer la détermination des familles à conserver l'unité scolaire.
Des moutons et une chanson
Dave, père d'une élève de 5 ans, a commenté la situation avec humour : "Puisque visiblement c'est les chiffres qui vont compter, si on peut leur apporter les chiffres, on leur apporte les chiffres, il y a absolument aucun souci." Les parents, non contents de cette initiative, ont également redonné vie à des mélodies populaires en adaptant leurs paroles grâce à l'aide d'une intelligence artificielle. Une chanson inspirée de Zaho et MC Solaar est ainsi née, avec des paroles spécialement conçues pour dénoncer la situation actuelle : "On écrira plus les pages, le rectorat a tout fermé." Ce projet musical vise à faire rire, mais aussi à faire résonner leur demande bien au-delà des frontières de Bourogne.
340 signatures sur la pétition
En parallèle, une pétition en ligne [disponible ici](https://www.change.org/p/annuler-la-fermeture-de-classe-%C3%A0-l-%C3%A9cole-les-%C3%A9toiles-de-bourogne) a déjà réuni 340 signatures. Dave, qui a également signé, a conclu : "Normalement, à l'école, on ne devrait pas avoir besoin de se battre comme ça pour sauver un territoire rural." Sa fille Jeanne, par ailleurs, a bien compris la gravité de la situation : "Maîtresse Caroline, elle va partir."
Les préoccupations autour de la fermeture de cette classe vont au-delà des simples enjeux éducatifs. Baptiste Guardia, le maire de Bourogne, souligne l'impact potentiel sur le dynamisme de la commune : "Une fermeture de classe, c'est une dynamique en moins. On a un programme de rénovation énergétique de l'ensemble de l'école, la création d'une cantine scolaire. Cela met vraiment un coup de frein." D'autant plus que le village se prépare à l'arrivée massive de nouvelles familles issues du 1er Régiment d'Artillerie, qui pourraient bouleverser la démographie locale. Il ne manque qu'une seule inscription pour sauver la classe.
Bientôt de nouvelles familles dans la commune ?
Le maire a par ailleurs insisté sur l'attractivité de la commune, expliquant que "les arrivants dans un village regardent ce qu'on a comme services. Ça peut jouer sur leur décision de venir vivre à Bourogne." La situation reste précaire, et les parents ainsi que les élus devront attendre la décision des autorités pour savoir si la classe sera maintenue. Une réunion publique, prévue ce mardi 5 mai à 18h au Foyer rural de Bourogne, sera le moment déterminant pour faire entendre leur voix.







