Après des années de vie dans la rue, Nordine commence à voir la lumière grâce à Géraldine, une monitrice éducatrice qui lui a trouvé un logement. Toutefois, il est confronté à un défi : il ne parvient pas à trouver un infirmier pour l'aider quotidiennement avec ses soins liés à son handicap.
À Nîmes, Nordine était perçu comme « le sans-abri de l'arrêt de bus Amiral Courbet », un homme à la personnalité bien affirmée, souvent sous l'emprise de l'alcool. « C’est vrai que je n’ai pas un caractère très facile, je râle pas mal », reconnaît-il. Mais depuis quelques semaines, sa vie a pris un tournant radical, et c'est maintenant depuis son appartement qu'il partage le récit de sa renaissance fragile.
Né en 1969 à Paris, Nordine avait un parcours des plus atypiques. Après avoir grandi en famille d'accueil en Bourgogne, il s'établit à Paris pour obtenir un CAP dans l'imprimerie. « J’étais conducteur de machine », se souvient-il. Mais un jour, sur un coup de tête influencé par l'alcool, il décide de tout quitter pour se diriger vers le Sud, passant par Sète avant d'atterrir à Alès, et finalement se retrouvant à Nîmes.
Un appel à l'aide désespéré
En cours de route, la vie de Nordine prend une tournure tragique. « J’étais ivre. Je traversais la route comme un bêta et une voiture m’a renversé... » À cause de ses blessures non soignées, la gangrène s'installe et il se réveille amputé des deux jambes. Il doit désormais poursuivre sa vie en fauteuil roulant.
Heureusement, sa situation commence à s'améliorer avec l'aide d'une curatrice qui l'accompagne, et celle-ci lui présente Géraldine. « Je suis venue lui parler d'un appartement en autonomie, et il a vite dit d'accord. Cela fonctionne très bien », se réjouit-elle. Cette nouvelle vie permet à Nordine de faire de réels progrès, notamment en arrêtant de boire. « C’était une évidence. J’ai retrouvé confiance en moi », affirme-t-il. Sa vie, après vingt ans de rue, est sur le point de connaître une transformation radicale.
Toutefois, un obstacle majeur subsiste : Géraldine peine à trouver un infirmier pour aider Nordine dans ses soins quotidiens. « J’ai sollicité pas moins de 100 cabinets d’infirmiers, et personne ne peut ou ne veut répondre à mes demandes. Ça demande une demi-heure de soins, ce qui est tout de même dans les capacités d'un professionnel », explique-t-elle. En attendant, c'est elle qui s’occupe de lui, une situation jugée inacceptable.
« Nordine montre une volonté et une énergie remarquables, mais il a encore peur face à certaines situations », remarque Géraldine. Et Nordine refuse de considérer un retour à la rue. Il déclare avec conviction : « Je n’y pense même pas… » Néanmoins, sa partenaire de soutien refuse de céder au découragement : « Je vais finir par faire appel à la ministre de la Santé ! »







