Lionel Thibaut, éleveur de volailles à la ferme du Buis, dans le Territoire de Belfort, exprime sa satisfaction suite à l'adoption de la loi d'urgence agricole. Ce texte législatif facilite l'extension des exploitations avicoles, un atout face à une demande croissante pour les produits issus de l'élevage. En effet, depuis 2019, chaque Français consomme en moyenne un kilogramme de plus de volailles par an, que ce soit sous forme de viande ou d'œufs.
"Ce bâtiment, on l'a fait construire il y a quatre ans, mais c'est nous qui devons le finir à la main", souligne Thibaut, en montrant le grand hangar de son exploitation. Depuis le vote de la loi, il espère concrétiser un projet d'agrandissement sur ses 10.000 oiseaux. Le texte abolit notamment l'obligation de consulter la population pour chaque agrandissement, un changement qu'il considère comme essentiel
L'administratif, c'est fastidieux
Le processus administratif est souvent considéré comme une lourdeur pour les éleveurs. Lionel Thibaut ajoute : "Entre le moment où on pense le projet et sa réalisation, un délai d'un an et demi peut s'écouler. Or, un poulet d'élevage a une durée de vie d'environ quatre mois. Ce n'est pas aligné sur nos besoins." Avec cette nouvelle loi, il espère que des projets nécessaires pourront voir le jour sans trop de contraintes.
C'est vrai que ça fait du bruit
Mais cette évolution ne se fait pas sans heurts. Les riverains, déjà sensibles aux nuisances, expriment leurs préoccupations. Dans le Nord-Franche-Comté, des projets d'élevage n'ont jamais abouti à cause des craintes des habitants. Un bâtiment prévu à 600 mètres d'un village a suscité des inquiétudes concernant des nuisances olfactives. "On veut manger local, mais pas avoir le poulailler à côté de chez soi, ça n'a pas de sens !" explique un résident de la région.
Ainsi, bien que Thibaut ait dû faire face aux plaintes de nouveaux habitants des lotissements voisins, il défend son activité. "Nous existons depuis les années 1960, mais ces résidents viennent se plaindre. C'est vrai que ça fait du bruit..." La ferme du Buis, cependant, affiche une taille modeste par rapport aux grandes installations industrielles que l'on peut voir, par exemple, en Allemagne ou en Ukraine. Cette loi d'urgence agricole a pour objectif d'équilibrer les deux mondes.







