À l’aube de la Coupe du monde de football, le député écologiste du Loiret, Emmanuel Duplessy, s’attaque à l’essor inquiétant des paris sportifs, qui envahissent les écrans. Il a récemment soumis une proposition de loi à l’Assemblée nationale en vue de réglementer les publicités associées à ces jeux. Il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique, alors que la passion pour le football pourrait exacerber les flambées de paris.
Une passion qui flambe
Le Mondial 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir du 11 juin, promet d'attirer de nombreux parieurs. Selon les statistiques, le marché des paris sportifs, ouvert à la libéralisation en 2010, connaît une croissance exponentielle, avec un montant misé qui a triplé ces cinq dernières années. Emmanuel Duplessy rappelle que cette année, les mises pourraient dépasser le milliard d’euros. "Le comportement des opérateurs de jeux est particulièrement agressif. Les campagnes publicitaires pourraient atteindre plus de 800 millions d’euros, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente," souligne-t-il, se basant sur les données de l’Autorité nationale des jeux (ANJ).
Un besoin urgent de protection
Pour protéger le public, notamment les plus jeunes, la proposition vise à interdire ces publicités un quart d’heure avant et après la diffusion des événements sportifs. “C’est la mesure la plus cruciale, car ces moments attirent une audience familiale où les enfants et adolescents sont présents. Nous avons constaté un afflux de publicités pour les paris sportifs, notamment lors de la finale de la Ligue des champions du PSG,” ajoute Duplessy.
Des jeux d'argent à risque
Le député souligne également que les jeux d’argent présentent des risques d’addiction similaires à ceux de l’alcool ou du tabac. “Ce texte de loi vise à considérer les paris comme une activité à risque, susceptible de générer des addictions avec des conséquences sur la santé publique,” déclare-t-il. De plus, il est prévu d'interdire l'utilisation de célébrités et de sportifs pour promouvoir ces paris, ainsi que de limiter le rôle des influenceurs.
La proposition, soutenue par une quarantaine de députés de divers bords politiques, sera examinée lors de la prochaine rentrée parlementaire. L’initiative suscite l'attention sur la nécessité de réguler un secteur florissant, mais potentiellement dangereux.







