Au cœur des débats sur l'extension des horaires de collecte de plasma, les conditions de travail à l'Établissement français du sang (EFS) atteignent un seuil critique. L'organisation syndicale Force ouvrière annonce une grève nationale pour dénoncer le manque d'effectifs et les tensions croissantes liées aux conditions de travail.
Avec le développement des collectes de plasma, l'EFS envisage d'étendre ses horaires d'ouverture pour répondre à une demande croissante. Cependant, cette initiative est loin de ravir les employés, qui mettent en avant des conditions de travail jugées déplorables. "Certaines infirmières sont assignées à quatre lits, ce qui implique une pression constante. Cela signifie qu'il est souvent impossible pour elles de prendre même une pause toilettes", explique Steeve Perno, délégué syndical central de Force ouvrière, dans des déclarations relayées par France 3.
Des modifications des horaires en discussion
Les syndicats dénoncent des tentatives de modification des accords d'entreprise afin d'imposer des collectes durant les week-ends et jours fériés, ce qui contrarierait beaucoup de salariés. Claudia Laou-Huen, directrice régionale adjointe de l'EFS pour la Bourgogne-Franche-Comté, se défend : "Actuellement, il n'y a pas de collectes ouvertes les dimanches. Cependant, nous envisageons d'allonger les horaires pour nous adapter aux besoins des donneurs," souligne-t-elle.
À l'heure actuelle, l'EFS fait face à une pénurie cruciale, avec 200 à 300 postes à pourvoir au niveau national. Les négociations sur les conditions de travail et la rémunération sont en cours, mais le climat reste tendu. Claudia Laou-Huen exprime son mécontentement face à ce qu'elle considère comme un "comportement irresponsable" de la part des grévistes, qui pourraient boycotter des collectes essentielles, notamment lors de la Journée mondiale des donneurs de sang.
Steeve Perno complète ce tableau en affirmant que la mobilisation ne cessera pas tant qu'une réponse satisfaisante de la direction ne sera pas fournie. Alors que le mouvement pourrait être prolongé jusqu'au 15 juillet, les enjeux restent critiques pour la continuité des services de don de sang en France.







