La chute démographique continue d'affecter l'Académie de Bordeaux, qui se voit contrainte de modifier sa carte scolaire. Ce changement complexe se base sur un équilibre entre les ouvertures et les fermetures de classes. Les syndicats enseignants prévoient des grèves pour exprimer leur désaccord.
Ce lundi, après les élections municipales, le recteur d’Académie de Bordeaux a présenté les modifications de la carte scolaire pour la rentrée 2026. Ce dernier a souligné que, malgré une augmentation de 200 millions d'euros dans le budget national pour l’Éducation, et l'ajout de 5 900 postes, le Sud-Ouest fait face à des défis majeurs.
La baisse d'effectifs scolaires est alarmante, avec une prévision de 7 408 élèves de moins pour la rentrée 2026, s'ajoutant à une perte de 4 169 en 2025. Cette tendance se traduit particulièrement dans les écoles maternelles et collèges. Selon le recteur, si cette dynamique perdure, l'Aquitaine pourrait perdre jusqu'à 120 000 élèves en dix ans, représentant environ 12,5 % de ses effectifs actuels.
Récapitulatif des pertes d'effectifs
Le département des Pyrénées-Atlantiques enregistre la plus forte diminution, avec une baisse de 2,3 %. Suivent la Dordogne, la Gironde, et le Lot-et-Garonne, avec respectivement 2,1 % et enfin les Landes à 2 %.
Impact sur les postes d'enseignement
En tout, cette évolution se traduit par une réduction nette de 230 postes d’enseignants pour 2026. Dans le primaire, 99 postes disparaîtront, tandis que le secondaire perdra 131. Toutefois, le recteur précise que cette diminution n'est pas proportionnelle à la baisse d'effectifs, permettant ainsi de maintenir un ratio élève/enseignant acceptable, comme en Gironde.
Initiatives en faveur de l'équité
Malgré cet arrière-plan difficile, l'Académie se concentre sur l'équité dans la révision de sa carte scolaire. Des établissements en zones défavorisées, comme le collège Alice-Milliat, recevront une attention particulière. Quatre nouveaux territoires éducatifs ruraux, tels que Saint-Palais et Le Pays de Lauzun, seront également instaurés pour répondre aux besoins des zones rurales. Des mesures supplémentaires sont mises en œuvre pour l'accueil des élèves en situation de handicap, avec l'ajout de 49 postes de coordinations et d'8 Unités Localisées pour l'enseignement Scolaire (Ulis).
Mobilisations à venir
Face à ces annonces, les syndicats d’enseignants organisent une mobilisation du 30 mars au 3 avril et un appel à la grève le 31 mars. D'autres manifestations sont également prévues en Gironde, notamment le 25 mars devant le rectorat de Bordeaux.
Cette situation, largement relayée par des sources comme Sud Ouest, souligne la préoccupation croissante autour de la qualité de l'éducation et des conditions de travail des enseignants dans le contexte d'une réduction des moyens.







