Trente ans de réclusion pour un homme accusé d'un féminicide à Besançon

Le procès de Nicolas Zepeda relance le débat sur le féminicide et la violence faite aux femmes.
Trente ans de réclusion pour un homme accusé d'un féminicide à Besançon
©ZZIIGG, AFP - Croquis d'audience du 17 mars 2026 montrant le Chilien Nicolas Zepeda, accusé du meurtre en 2016 de son ex-petite amie japonaise, lors de son troisième procès au tribunal correctionnel de Lyon

Trente années de réclusion ont été demandées mercredi en appel contre Nicolas Zepeda, suspecté d’avoir tué son ancienne petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, dont le corps reste introuvable depuis près d'une décennie à Besançon.

Selon l'avocat général, Vincent Auger, Zepeda aurait « assassiné » Narumi dans sa résidence universitaire en 2016, ne supportant pas qu'elle l’ait quitté pour un autre homme. Depuis son extradition du Chili en 2020, il clame son innocence, affirmant : « Je ne l'ai pas tuée, je l'aimais profondément ».

Âgé aujourd'hui de 35 ans, Nicolas Zepeda a déjà purgé deux peines de 28 ans, mais la Cour de cassation a annulé ces décisions en raison d'un vice de procédure. Les expertises psychologiques décrivent un individu « narcissique » et « possessif » qui surveillait Narumi depuis le Chili. Son obsession l’a poussé à des actes d’espionnage, bloquant des contacts masculins de Narumi sur Facebook et l’envoyant des messages menaçants.

L'avocat général souligne que, quatre jours avant l'assassinat présumé, Zepeda a effectué des repérages dans la ville. Des témoins affirment l'avoir vu rôder aux abords de la résidence de Narumi, avant de passer la nuit avec elle. Des éclats de voix criant à l’angoisse, entendus dans la nuit fatidique, semblent corroborer les allégations d’Auger sur un possible étouffement aux alentours de 03H20.

En dépit des preuves accablantes, la défense dépeint un autre tableau. L’un des avocats de Zepeda a plaidé son acquittement en rappelant l'affaire emblématique de Patrick Dils, qui a été reconnu coupable à tort.

« Si vous avez le moindre doute, vous ne pouvez pas condamner », a déclaré Robin Binsard. Cependant, Vincent Auger a insisté sur la préméditation, en soulignant que Zepeda avait préparé un kit contenant un spray de détergent et des produits inflammables, ostensiblement pour incinérer le corps de Narumi. L'avocate représentant la famille de la victime a imploré les jurés de rendre justice à une vie qu'ils estiment avoir été « totalement contrôlée » par Zepeda.

« L’âme de Narumi erre sans repos depuis dix ans. Offrez aux proches une sépulture virtuelle pour qu’ils puissent se recueillir », a-t-elle déclaré avec émotion. Le verdict est attendu ce vendredi.

Lire aussi

Les associations de l'Yonne, un soutien précieux pour les autistes et leurs familles
Explorez les initiatives des associations de l'Yonne qui soutiennent les enfants et adultes autistes, facilitant diagnostic et intégration.
09h07
L’AJA renforce son réseau de clubs partenaires pour dénicher les talents de demain
L'AJ Auxerre, club de football, renforce son réseau de clubs partenaires, visant à détecter et former les futurs talents dès l'âge de 13 ans.
08h45
Doubs : une délégation spéciale prend les rênes de cinq communes sans maire depuis les dernières élections
Découvrez comment une délégation spéciale gère cinq communes du Haut-Doubs sans maire depuis les dernières municipales.
08h12
La hausse des prix du carburant met en péril les aides à domicile dans le Doubs
Découvrez comment la flambée des prix du carburant menace les aides à domicile dans le Doubs. Les témoignages et initiatives des employeurs face à cette crise.
07h46
Marion Rousse dynamise la dictée du Tour de France féminin à Dijon
Marion Rousse, directrice du Tour féminin, anime une dictée à Dijon, en prélude à la quatrième étape.
06h52
Le café Le Maquis de Vareilles célèbre 20 ans de convivialité
Le Maquis de Vareilles célèbre ses 20 ans avec des rencontres, concerts et une ambiance conviviale. Un lieu atypique en Pays d'Othe à ne pas manquer.
06h15