Depuis l'aube ce jeudi, les syndicats Ufap et FO Justice ont initié un blocage total de la maison d'arrêt de Dijon, une action qui rappelle des mesures extrêmes rarement vues depuis 2002. Selon les syndicats, ce blocage est décrit comme le "levier de la dernière chance" pour signaler des conditions de travail déficientes et le manque de communication avec la direction.
Près de 70 agents se sont mobilisés dès 5h30 du matin, empêchant ainsi toute entrée et sortie de l'établissement. Des pneus et des palettes ont été utilisés pour gêner le passage, rendant le service pénitentiaire quasiment inopérant. "Ce sera du cas par cas", ont-ils annoncé, témoignant d'une situation tendue.
Les syndicats expliquent que la surpopulation carcérale a atteint un taux alarmant de 260%, laissant environ cinquante matelas au sol. Romain Bernier, secrétaire régional de l'Ufap, a souligné l'absence de réponse de l'administration face à des alertes répétées, mentionnant aussi une augmentation des incidents liés à cette situation. "Le taux de criticité est dépassé", a-t-il déclaré.
Les agents confrontés à une telle réalité vivent un quotidien difficile. "Des conditions de vie inacceptables entraînent un climat de tension, augmentant les frictions entre détenus", a-t-il ajouté. En effet, la semaine dernière, trois agents ont été blessés en une journée, ce qui témoigne d'un environnement de travail devenu dangereux.
Malgré l'urgence de la situation, aucune rencontre avec la direction n'est prévue. Les syndicats, irrités par le silence de l'administration, menacent d'une reconduction du blocage si des solutions ne sont pas apportées rapidement.
Cette crise dans le système pénitentiaire de Dijon met en lumière un problème plus large au niveau national, alors que d'autres établissements font face à des défis similaires. Les voix des agents doivent donc être entendues pour améliorer les conditions de travail et garantir la sécurité de tous.







