Le festival CLAP 89 débute ce vendredi 27 mars 2026 au cinéma Confluences de Sens, marquant la 38e édition de cet événement dédié aux courts-métrages. Avec 19 films en compétition, les projections se dérouleront ce soir ainsi que samedi après-midi et soir. Hubert Charuel, réalisateur engagé et président du jury, a répondu aux questions d'ICI Auxerre au début de cet événement.
Pourquoi avez-vous accepté de présider le jury de ce festival, à Sens ?
Hubert Charuel : "La première raison, c'est Christina Tiraboschi, qui m’a sollicité chaque année pendant trois ans. Et cette fois-ci, j'ai enfin décidé de répondre à son invitation. Je suis convaincu que le court-métrage est essentiel pour les auteurs et réalisateurs, surtout en ce moment où chaque plateforme culturelle mérite d'être soutenue."
Comment percevez-vous l'importance des courts-métrages pour les réalisateurs et pour le cinéma ?
"Le court-métrage est souvent le premier pas vers un long-métrage, même si certains réalisateurs commencent directement par un long. C'est un format qui aide à se forger une identité cinématographique. Chaque court-métrage est une pièce du puzzle de l'évolution de l'auteur dans l'univers du cinéma," explique Charuel.
Votre parcours vient du monde agricole. Quel regard portez-vous sur cette réalité aujourd'hui ?
"Je me considère moins comme un paysan aujourd'hui, car mes parents sont à la retraite et je vis désormais à Paris. Cela me rend moins apte à discuter des problématiques contemporaines du monde rural," admet-il, bien qu’il reste attaché à ses racines.
Dans ses œuvres, notamment "Petit Paysan" et "Les Vaches n'auront plus de nom", Charuel aborde des thèmes liés à la vie rurale, évoquant un sentiment d'isolement dans les territoires peu denses. "Il y a une véritable fierté à venir de là où l'on vient, mais également un sentiment de manque de reconnaissance et d'écoute par rapport aux enjeux ruraux actuels," confie-t-il.
Que pensez-vous d'une éventuelle inspiration que pourrait offrir l’Yonne pour vos films ?
"Il est probable que le département de l’Yonne, avec ses problématiques similaires, puisse inspirer des projets cinématographiques. Les réalités agricoles et sociales ici sont tout à fait pertinentes dans les récits que j'aime explorer," conclut Hubert Charuel.
Le festival CLAP 89 s'annonce comme un lieu de rencontre et d'échanges autour d'œuvres qui mettent en lumière des voix souvent sous-représentées dans le paysage cinématographique actuel. Restez connectés aux prochaines projections pour découvrir les talents de demain !







