Aujourd'hui, des applications de rencontre comme Tinder et Grindr deviennent des alliées dans la lutte contre les agressions homophobes. Elles ont en effet signé une charte engagée pour contrer les pièges homophobes. Ces actes, minutieusement orchestrés, impliquent la création de faux profils pour attirer puis agresser les victimes. La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a récemment visité Dijon pour exprimer son engagement face à cette problématique grandissante.
Selon Aurore Bergé, cette collaboration vise à identifier rapidement les auteurs. L'instauration d'une traçabilité numérique est primordiale. "Nous devons conserver des données lorsque des faux profils sont activés, même brièvement. Cela garantira un lien efficace entre la police et la justice, permettant aux coupables d'être jugés."
Accompagner les victimes
Lors de sa visite au commissariat de Dijon, la ministre a discuté de la mise en œuvre de cette charte avec les forces de l'ordre. Elle a souligné le besoin vital de rétablir la confiance parmi les utilisateurs des applications de rencontre. Pour cela, une vérification des profils sera désormais obligatoire. "Il faudra s'inscrire avec son identité réelle. Par la suite, les utilisateurs pourront opter pour un pseudo, mais la sécurité sera renforcée dès le départ."
Notons qu’en mars dernier, trois hommes avaient été attaqués au lac Kir, victimes de guets-apens. Une des victimes avait même été laissée inconsciente. Ces actes, clairement homophobes, ont suscité l’intervention de la justice. La police s’engage aussi à mieux soutenir ces victimes. Aurore Bergé a ajouté que
"les forces de l'ordre bénéficieront d'une formation systématique pour aider au mieux ceux qui souhaitent porter plainte. Des intervenants sociaux seront également disponibles à la gendarmerie et au commissariat."
Un premier pas important
Malgré ces initiatives, certains ne se sentent pas encore prêts à déposer plainte. Emmanuel Bodoignet, président de l'association AIDES Bourgogne Franche-Comté, souligne cette difficulté. "Beaucoup craignent de se rendre à la police, surtout ceux qui n'ont pas fait leur coming-out et qui ont peur de représailles." Bien qu'il reste prudent, Bodoignet voit cette charte comme un pas vers l'avant. "Il faut voir si ces promesses se transformeront en actions concrètes. Nous devons nous assurer que ces engagements se réalisent."
Il se félicite de l'initiative prise par les applications de rencontrer, "c'est un début positif. Mais il est essentiel de vérifier comment cela va se dérouler sur le terrain." En Côte d’Or, il y a eu huit agressions homophobes constatées en 2024, selon le procureur de Dijon.
Inauguration du premier centre LGBTQIA+ en Bourgogne-Franche-Comté
La visite à Dijon d'Aurore Bergé a également servi à inaugurer le premier centre LGBTQIA+ de Bourgogne-Franche-Comté. Situé au 2 rue de la Synagogue, il remédie à un manque significatif dans la région, longtemps demandé par des associations, dont AIDES Bourgogne-Franche-Comté.
"Ce centre a pour but de rassembler diverses associations et d'aider les personnes LGBTQIA+ à se sentir visibles et à bénéficier des mêmes droits que tout le monde." Le centre n'est pas seulement symbolique ; il a été ouvert au public depuis décembre dernier, avec des permanences proposées par une assistante sociale et une salariée déjà au travail.
Un lieu de vie et d'écoute
Ce centre vise à centraliser les efforts des associations et à offrir un soutien accessible, notamment en termes de conseils juridiques, sociaux, et de santé. "Nous nous concentrons sur le dépistage du VIH et des hépatites, et nous continuons à organiser des sessions d’aide." La création de ce centre intervient à un moment où la santé mentale des populations LGBTQIA+ est une préoccupation croissante. "Ces individus doivent savoir qu’ils ont un lieu d’accueil, un endroit sûr où ils peuvent obtenir de l'aide." conclut Emmanuel Bodoignet, insistant sur l'importance de cette réalisation pour un soutien efficace.







