Chaque année, 1,8 million de grenouilles sont prélevées pour satisfaire les papilles des gourmands. Toutefois, derrière ce délice culinaire se cache des vérités parfois ignorées : la grenouille rousse, espèce authentiquement sauvage, figure parmi celles qui bénéficient d'une protection légale. En France, elle est la seule espèce menacée pour laquelle des autorisations de pêche peuvent être accordées, souligne la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO).
Une tradition culinaire persistante
Ce week-end, au restaurant La Chevauchée à Belfahy, les habitués, même sous la neige, n'ont pu résister à la tentation. "On attend ça chaque année," raconte un client, visiblement ravi. "C'est un rendez-vous incontournable." En cuisine, le chef Yvan prépare jusqu'à 700 grenouilles par service en veillant à respecter les normes environnementales, confirmant : "Nous travaillons avec des pêcheurs qui suivent des conditions strictes."
Des dérogations sous condition
En Bourgogne-Franche-Comté, chaque pêche de grenouilles rousses nécessite une dérogation fournie par les autorités préfectorales. Chaque année, 200 de ces demandes sont examinées avec prudence, comme l'explique Antoine Sion, chargé de l'attribution. "Nous collaborons avec des experts pour garantir que les prélèvements respectent la capacité de régénération de chaque étang," précise-t-il.
Appel à une meilleure régulation
Malgré ce système de dérogations, la LPO demeure inquiète. Plutôt que de réclamer un ban, l'organisation souhaite qu'une étude d'impact soit réalisée. "Nous voulons vérifier que la pratique ne nuit pas à l'espèce," indique Ségolène Travichon, directrice adjointe de la LPO. "Être certain que cela se fait dans de bonnes conditions est un impératif."
De son côté, la préfecture maintient que la réalisation d’une étude d’impact serait complexe et, pour l’heure, aucune n’est planifiée. Les représentants affirment que la survie de la grenouille rousse n'est pas menacée, malgré les préoccupations croissantes concernant les amphibiens, qui sont, aujourd'hui, les vertébrés les plus vulnérables au monde. En Franche-Comté, un tiers de ces espèces est d'ores et déjà en danger d'extinction, alors que les contrôles sont assurés par l'Office français de la biodiversité.







