Le lundi 30 mars, une quarantaine d'agriculteurs du Territoire de Belfort ont marqué les esprits en stationnant vingt tracteurs devant la Préfecture. Cette mobilisation, orchestrée par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, a pour but de faire entendre leur profond mécontentement concernant la flambée des prix des carburants, en particulier du gazole non routier (GNR) utilisé pour les machines agricoles.
Un surcoût de 900 euros pour les agriculteurs
Les répercussions économiques du conflit entre l'Iran et les États-Unis se traduisent par une hausse significative des tarifs du carburant. Tanguy Follot, agriculteur en polyculture élevage laitier, témoigne de cet impact : sa dernière commande de 2400 litres lui a coûté 900 euros de plus que la précédente. Selon Olivier Fridey, président de la FDSEA du Territoire, la taxation élevée, représentant 70 % du prix du GNR, est en grande partie responsable de cette situation. Il plaide pour que l'État s'inspire d'autres pays qui ont choisi de réduire temporairement les taxes pour protéger leurs agriculteurs.
Des accords jugés déloyaux
Les manifestants ont également mis en lumière les dangers des accords de libre-échange, notamment celui avec le Mercosur, qui pourrait porter un coup fatal à la production locale. Marie Barlogis, céréalière récente, déplore la succession des crises : "guerre en Ukraine, effet ciseau sur les importations, Mercosur et maintenant le conflit iranien". Ces événements sont autant de facteurs aggravants pour des revenus déjà soumis à la volatilité des prix mondiaux.
Une rencontre avec le Préfet pour porter leurs voix
David Peterschmitt, un éleveur local, exprime son inquiétude face à l'avenir des jeunes agriculteurs : "Il y a beaucoup de jeunes qui reprennent des exploitations. On ne veut pas qu'ils se retrouvent au bout d'une corde." Après une rencontre avec une délégation de manifestants, les agriculteurs ont quitté le site, non sans avoir fait part de leurs revendications "à l'échelle de l'État". Cette mobilisation illustre les difficultés croissantes rencontrées par le secteur agricole, qui aspire à des réponses concrètes face à une crise systémique.







