Les viticulteurs du Jura confrontés au gel : une situation moins alarmante qu'anticipée

Le gel menace les vignes du Jura, mais les viticulteurs restent positifs face à la situation.
Les viticulteurs du Jura confrontés au gel : une situation moins alarmante qu'anticipée
Les viticulteurs Arianne Stern et Romain Lawson à Saint-Lothain. © Radio France - Marie Maison

Les viticulteurs du Jura parcourent leurs vignes, à la recherche de signes de gel. Les premières marques du gel se font déjà sentir, mais il faudra patienter au moins deux semaines pour évaluer pleinement les impacts réels sur la production.

À Poligny, Marie Meunoux gère un petit domaine de 5,5 hectares, qu'elle a repris en 2021. Quoique les dégâts soient visibles, elle admet que le bilan est encore flou : "On voit des feuilles et des bourgeons endommagés, mais il est difficile de dire si ces derniers sont totalement morts ou juste abîmés en surface." Plus au nord, à Arbois, la fruitière vinicole estime que le gel a affecté jusqu'à 30% de la production dans certaines parcelles, en attendant les derniers frimas d'avril pour confirmer ces estimations. Benoit Sermier, président de la coopérative d'Arbois, souligne que la vigne a pris un retard d'environ deux semaines à un mois cette année.

Des guirlandes infrarouges sur les parcelles les plus productives

À proximité de Poligny, Romain Lawson et Arianne Stern, propriétaires du domaine des Grands Pas, gèrent un vignoble de 3,5 hectares. "La situation est moins alarmante que prévu", déclare Romain. Cet ancien avocat a investi dans des guirlandes infrarouges, devenant ainsi l'un des premiers viticulteurs du Jura à adopter cette technologie. "Ces fils chauffants créent un rayonnement pour protéger les bourgeons des températures négatives, jusqu'à -6 degrés," explique-t-il. Cet investissement, d'environ 6.000 euros pour 20 ares, a été rapidement rentabilisé, affirme Romain.

Cependant, cet investissement n'est pas à la portée de tous, notamment pour des petits domaines comme celui de Marie, qui peine déjà avec les coûts élevés des bougies de protection, nécessitant également plus de main-d'œuvre.

D'autre part, les viticulteurs s'adaptent aussi aux aléas climatiques en intégrant des cépages hybrides. "C'est un mélange des vignes américaines et européennes qui résistent à des maladies comme le mildiou et l'oïdium," explique Romain. "Après des épisodes de gel, ces cépages hybrides sont capables de produire du raisin en grand nombre." Une telle adaptabilité est devenue essentielle face aux aléas climatiques qui touchent le Jura presque tous les ans.

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