L’entreprise Knauf Fibre, spécialisée dans la production de panneaux d'isolation, est au cœur d'une affaire judiciaire après un accident survenu en 2022 à La Côte, en Haute-Saône. Ce mardi, le tribunal correctionnel de Vesoul a examiné le dossier, et le verdict sera rendu le 28 avril prochain.
Le 28 septembre 2022, un ouvrier intérimaire a tragiquement perdu une partie de son doigt après que sa main a été coincée dans la crémaillère d’une défibreuse. Âgé de 35 ans à l’époque, cet homme a été amputé d'une phalange et a nécessité 14 points de suture sur une autre blessure. Lors de l’audience, le directeur de l’usine était présent pour répondre de manquements présumés aux règles de sécurité.
Jérémy Faivre, la victime, a témoigné en montrant sa main mutilée, précisant que la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) avait reconnu un handicap de 3%. À ce moment, l'intérimaire terminait sa journée avec une mission de nettoyage lorsque son supérieur lui a demandé de l'aide sur une machine défectueuse. En intervenant, il a été négligemment victime de la mise en marche de la machine par son collègue, qui pensait à tort que l'ouvrier avait terminé sa tâche.
Pour sa défense, le directeur a affirmé que la machine nécessitait une formation de six mois, tandis que Faivre n’avait reçu qu’une formation d’une journée sur un autre poste. "Il n’aurait pas dû être là, il n'était pas qualifié pour intervenir sur cette machine", a-t-il déclaré.
Manquements à des obligations de sécurité
La question de la responsabilité est au cœur du débat. Selon Maitre Juliette Barre, avocate de Knauf, la société n’est qu’utilisatrice de la machine et ne peut être tenue responsable de la conception. Mais pour l’accident, elle conteste également la légitimité de la responsabilité en raison du changement de tâche intervenu sans son consentement, laissant chaque employé à son poste sans information préalable.
Un rapport de l'inspection du travail accablant
L’inspection du travail a également témoigné, signalant que des protections avaient été installées sur la crémaillère depuis l’accident, mais l’absence de panneaux de sécurité demeurait préoccupante. "Il arrive souvent que les intérimaires soient victimes d'accidents, car les consignes de sécurité ne leur sont pas clairement communiquées," a souligné l'inspecteur.
Cette situation n'est malheureusement pas isolée. D'autres incidents ont déjà eu lieu sur ce site, y compris un accident mortel en juillet 2025, et cette affaire est donc scrutée avec attention, car elle pourrait influencer d'autres cas en attente de jugement. La détermination si Knauf respectait effectivement les normes de sécurité sera cruciale pour la suite des événements.







