Au cours de la pandémie de Covid-19 en 2020, de nombreux citadins ont fait le choix de s'installer à la campagne, espérant profiter de la nature et cultiver leur propre jardin. Bien que bénéficier d'un jardin soit un privilège, avoir un potager attenant à des champs cultivés peut entraîner plusieurs nuisances liées aux pratiques agricoles, notamment celles de l’agriculture intensive.
Vivre au cœur de paysages agricoles ne signifie pas être à l'abri de diverses pollutions. Examinons ces enjeux de plus près.
Nuisances sonores
Les machines agricoles comme les tracteurs et moissonneuses peuvent générer un bruit considérable, en particulier tôt le matin ou tard le soir lors de conditions météorologiques défavorables. Bien que ce genre de désagrément soit généralement sporadique, il peut perturber la tranquillité des riverains, notamment durant le week-end. Les plaintes pour nuisances sonores sont souvent difficilement prises en compte, puisque les activités agricoles existant depuis longtemps sont protégées par la législation.
Nuisances olfactives
Au printemps, le splendide parfum des colza peut être accompagné d’odeurs désagréables issues des déjections animales et des engrais. L’épandage de ces fertilisants entraîne des émissions d’ammoniac qui, mélangées à d’autres polluants, créent des particules fines, nuisibles à la santé.
Les fermes concentrant de nombreux animaux peuvent également être sources d’odeurs nauséabondes, entraînant des plaintes. Ces désagréments olfactifs sont non seulement pénibles, mais ils revêtent aussi une dimension sanitaire préoccupante.
Poussières et ruissellement de eaux de pluie
La récolte des céréales génère une poussière importante, et si le vent la projette vers votre potager, cela peut rendre l'extérieur désagréable. De plus, les fortes pluies entraînent un ruissellement d'eau chargé de produits chimiques utilisés dans les champs, risquant de contaminer votre jardin.
Les eaux de ruissellement qui stagnent dans votre jardin peuvent contenir des résidus d'engrais ou de pesticides, affectant ainsi la santé de vos cultures bio.
Exposition aux produits phytosanitaires
La proximité des champs cultivés augmente le risque d'exposition aux pesticides. Malgré l'augmentation des surfaces bio, celles-ci ne représentent qu'une petite fraction des terres agricoles en France. Les effets nocifs des produits phytosanitaires sur la santé et l'environnement sont de plus en plus documentés, mettant en lumière les dangers qui guettent les riverains.
Notre santé peut en pâtir, avec des diagnostics fréquents de maladies graves. De plus, les cultures biologiques peuvent être contaminées par ces produits, soulignant l'importance de la vigilance pour ceux qui souhaitent consommer des produits sains.
La réglementation en matière de produits phytopharmaceutiques
En France, l'usage des produits phytopharmaceutiques à proximité des habitations est encadré par des réglementations. Depuis 2020, des distances de sécurité doivent être respectées selon le produit utilisé. Malheureusement, les mesures en place demeurent insuffisantes pour protéger efficacement les populations rurales.
Les ZNT riverain stipulent par exemple des distances de sécurité de 20 mètres pour certains produits, 10 pour d'autres, et même 0 pour des produits considérés comme moins nocifs. Toutefois, ces mesures sont souvent difficiles à contrôler.
Mesures à prendre pour protéger son potager
Si la démolition de votre jardin est une option extrême, plusieurs précautions peuvent être prises. Envisagez de placer votre potager loin des champs traités, et d'entourer votre jardin d'une haie dense pour limiter la diffusion des pesticides. En cas de traitement, fermez portes et fenêtres, et attendez des conditions climatiques favorables avant de sortir.
Pour plus d'informations, consultez la brochure "Riverains de parcelles agricoles, exposés aux pesticides de synthèse".







