D'après un récent numéro de Que Choisir, une analyse des niveaux de pesticides dans les fruits et légumes montre des disparités intéressantes entre les produits français et ceux importés.
Le magazine UFC-Que Choisir a mené une étude comparative sur les résidus de pesticides dans les aliments. L'enquête, basée sur les analyses de 8 230 échantillons réalisées par la DGAL entre 2019 et 2021, a porté sur un vaste éventail de produits. Cette analyse a permis d'examiner 23 types de fruits et légumes, dont 18 cultivés en France et 5 provenant d'importations européennes et extra-européennes. Le résultat de cette étude est sans appel : en général, les produits français montrent une contamination moins importante en pesticides que leurs homologues étrangers.
Des résultats favorables à l’origine France
Dans près de la moitié des cas analysés, les fruits et légumes cultivés en France affichent une contamination par les pesticides inférieure à celle de leurs équivalents étrangers. Les résultats sont frappants : certaines espèces, comme les artichauts ou les tomates, montrent jusqu'à 75 % de molécules potentiellement dangereuses en moins lorsqu'elles sont cultivées localement. Par exemple, 34 % des courgettes françaises contiennent des résidus de pesticides contre 83 % des courgettes d'origine espagnole.
…mais pas toujours positifs
Cependant, certains fruits et légumes français présentent des résultats préoccupants. En 2019, par exemple, 100 % des pêches et cerises produites sur le territoire étaient contaminées par des résidus nocifs. Les raisins cultivés en France ont également été trouvés avec une charge pestique deux fois supérieure à celle des raisins importés d'Inde ou d'Afrique du Sud.
Des terres françaises avantagées et des pratiques culturales différentes
Les résultats positifs pour la production française peuvent être attribués à plusieurs facteurs, notamment le climat. Dans les pays méditerranéens d'où proviennent de nombreux aliments importés, les hivers plus cléments permettent une prolifération accrue des ravageurs, entraînant une utilisation plus intensive de pesticides. Par ailleurs, la configuration des cultures, notamment l'utilisation de serres chauffées, joue également un rôle. Ces méthodes permettent d'éloigner les maladies, mais augmentent l'empreinte carbone des productions françaises.
Une autre explication réside dans les réglementations strictes de l'Union européenne sur l'utilisation de certaines substances actives, souvent tolérées dans les produits importés. En effet, près de 48 % des fruits et légumes consommés en France proviennent de l'étranger, ce qui souligne l'importance d'une vigilance accrue concernant leur qualité.
Concernant l'agriculture biologique, bien que Que Choisir n'ait pas été en mesure de comparer directement les produits bios français et étrangers, il est noté que seulement 13 % des fruits et légumes bio importés présentaient des résidus de pesticides, un chiffre trois fois inférieur à celui des produits locaux en agriculture intensive. C'est un point à considérer pour les consommateurs, surtout lorsque l'on sait que 71 % des Français choisissent des produits non biologiques en raison de leur coût élevé.
(1) Pour plus de détails, l'intégralité de cette enquête peut être consultée dans le numéro de novembre d'UFC Que choisir, actuellement en kiosque.







