Archives – Le 21 décembre 1889, le journaliste Antonin Périvier, à la tête du supplément littéraire du Figaro, dévoilait douze règles de savoir-vivre à table. Des préceptes bien éloignés de notre époque moderne, marquée par les binge-watching et les apéros dînatoires. Faisons un petit retour en arrière.
C'est un constat souvent partagé : les bonnes manières semblent s'effacer peu à peu, notamment à table. Au fil des années, les habitudes ont évolué, mais il est intéressant de se plonger dans les conseils d'Antonin Périvier, qui, dans les colonnes du Figaro, a dressé un portrait des règles de ''mangerie'' d'antan. Voici un aperçu de ces directives qui ont jalonné l'histoire de la gastronomie.
Pour bien manger, soyez au moins deux
Sa première règle serait peut-être remise en question aujourd'hui : "Pour bien manger, il faut être au moins deux". Selon Périvier, le dîneur solitaire souffre de l'absence de partage des plaisirs culinaires. Une notion bien différente à l'ère des soirées en solo devant Netflix, où les histoires de nos vies n'ont plus besoin d'être échangées.
Amour ou nourriture, il faut choisir
Une autre de ses règles révèle un aspect personnel : l'amour ne doit jamais interférer avec le repas. "En aucun cas, quel que soit son voisinage, un gourmand n'a le droit d'être amoureux pendant qu'il mange". Ce commandement démontre que, pour Périvier, la concentration sur la nourriture est primordiale, un principe qui semble intransigeant.
L'apéritif sous la loupe
Il critique également l'enthousiasme autour des hors-d'œuvre : "Les hors-d'œuvre ne méritant presque jamais qu'on en cause..." Aujourd'hui, il est un peu difficile d'imaginer des réceptions sans l'apéritif, pourtant, pour Périvier, un tel dédain pour les amuse-bouches était la norme. Enfin, il distingue divers types de buveurs : "Humez, dégustez, buvez" ; une invitation à apprécier chaque gorgée, ce qui contraste avec la culture moderne où l'ivresse peut parfois passer avant le goût.
Ces réflexions d'Antonin Périvier montrent à quel point les règles de savoir-vivre ont évolué. Alors que celles-ci parfois semblent rigides et arbitraires, nous pouvons nous réjouir des libertés que nous nous octroyons aujourd'hui à table.







