Intitulé The Second Brain, le livre du docteur Michael Gershon, publié en 1999, présente l'intestin comme notre deuxième cerveau. Cette notion, bien qu'étonnante, soulève des questions pertinentes sur le rapport entre le bien-être mental et notre digestion. Les chercheurs s'intéressent de plus en plus à cet organe, désignant la flore intestinale comme un facteur influent sur plusieurs maux, et peut-être même comme une solution potentielle.
Le microbiote intestinal : qu'est-ce que c'est ?
Nos entrailles abritent une multitude de micro-organismes, faisant de notre intestin un véritable écosystème. Ce microbiote intestinal, qui remplace progressivement le terme de flore intestinale, est constitué de milliers de milliards de bactéries, virus et levures, pesant jusqu'à deux kilos. Chaque individu possède un microbiote unique, influencé par son alimentation, son environnement et son hygiène de vie, surtout durant les premières années de la vie. La diversité de ce microbiote joue un rôle crucial dans notre santé globale.
Le cerveau dans l'intestin
En réalité, notre microbiote ne se limite pas aux bactéries. Il contient environ 200 millions de neurones, formant un système nerveux propre, le système nerveux entérique. Ce dernier communique constamment avec notre cerveau par le biais du nerf vague, transmettant des informations essentielles pour le bon fonctionnement de nos fonctions motrices, sensitives et sensorielles. Un intestin en bonne santé est donc synonyme de bien-être émotionnel, tandis qu'un déséquilibre peut entraîner stress et troubles de l'humeur.
Les neurotransmetteurs comme la sérotonine, produit à 95 % dans l’intestin, illustrent encore cette interdépendance. En effet, un intestin perturbé peut influencer négativement nos émotions. Le microbiote produit également des molécules qui impactent directement notre activité cérébrale, remettant en question notre perception du libre arbitre.
Entretenir son deuxième cerveau
Prendre soin de notre microbiote est donc fondamental pour notre bien-être mental. Des études montrent une corrélation entre dysbiose (déséquilibre du microbiote) et comportements dépressifs. Consommer des probiotiques pourrait s'avérer bénéfique, en équilibrant notre flore intestinale et en améliorant notre humeur face aux stimuli négatifs.
Les recherches actuelles s'orientent également vers les pathologies associées à un déséquilibre du microbiote, y compris des maladies neurologiques. Chacun peut contribuer à sa santé intestinale en adoptant une alimentation appropriée, en pratiquant de l’exercice léger, et en préservant une bonne hygiène de vie. Des mesures comme l’exercice physique modéré et des choix alimentaires judicieux, incluant un éventuel recours aux probiotiques, pourraient bien transformer notre quotidien.







