« Mon fils, c'est un nounours » : qui sont les cinq Girondins coaccusés d'enlèvement et séquestration en bande organisée ?

Découvrez le procès des cinq jeunes Girondins, accusés d'enlèvement et de violences.
« Mon fils, c'est un nounours » : qui sont les cinq Girondins coaccusés d'enlèvement et séquestration en bande organisée ?
Les cinq Girondins sont défendus par les avocats bordelais Pierre Blazy, Julie Elduayen, Malcolm Mouldaia (du barreau de Paris), Rémy Guillot et Alexandre Novion. © Crédit photo : Loïc Déquier / SO
Le premier jour du procès, la cour criminelle de Lot-et-Garonne s'est concentrée sur la personnalité des cinq accusés, tous âgés de 22 à 23 ans, originaires de Mérignac.

Âgés de 22 à 23 ans, ces cinq jeunes gens vont découvrir les arcanes d'une cour criminelle. Accusés d'enlèvement, de séquestration en bande organisée suivie de mutilation, ils sont jugés jusqu'au 27 mai dans le Lot-et-Garonne. Ce premier jour de procès leur profil a été examiné, mettant en lumière un destin brisé, plongé dans une nuit de violences, souvent lié à un milieu de trafic de stupéfiants.

Philippe Ngan Ostaghe, Quayim Badrane, Hanza Madroua, Sabry Soussi et Mouhamed Diaby se considèrent comme des frères, tous partageant la même cité à Mérignac. Ils sont soupçonnés d'avoir engagé une expédition punitive le 7 mars 2024, débutant dans un supermarché de Castelmoron-sur-Lot. Leur mission macabre les a conduits dans un bois à Martillac, où une homme de 43 ans a été lynché, abandonné agonisant, selon des témoignages recueillis par Sud Ouest.

La victime, encore marquée par cette nuit tragique, assiste aux débats, découvrant un par un ses présumés agresseurs. Sur les bancs de la cour, l'atmosphère est tendue, chaque mot pesé avec soin. Un fait marquant dans les audiences est le chemin qu'ont emprunté ces jeunes, souvent marqués par une enfance difficile et des absences parentales qui les ont conduits vers le délinquance.

« Bloqué »

À la barre, la mère de Sabry Soussi, la voix entrecoupée de sanglots, a témoigné : « J'ai tout mis en œuvre pour que mon fils ne tombe pas dans ces pièges. Mon enfant est un nounours, je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés là. » Malgré tout, Sabry et ses comparses peinent à trouver leur place dans la société. Leurs histoires d’errance nocturne incessantes soulèvent des interrogations sur leurs motivations et leurs aspirations. Hanza Madroua, déjà désillusionné par son passage à la Mission locale, partage son sentiment d'être « bloqué » et observé. « Je me sens enfermé, » affirme-t-il, écho d’un sentiment partagé par nombreux de ses camarades.

La présidente de la cour, Nelly Emin, a tenté d'interroger leurs rêves. Rien n’en est ressorti, d'ailleurs, l'oisiveté des accusés semble un point récurrent qui peut expliquer leur dérive. Les débats se poursuivront, consacrant ce vendredi aux témoignages de la partie civile, et le verdict sera attendu le 25 mai prochain.

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