Avec une inflation ayant grimpé à 4,9 % en 2023, l’impact sur le coût de la vie est palpable. Entre la hausse des matières premières et des prix de l’énergie, le panier de biens quotidien devient de plus en plus onéreux, augmentant de plus de 20 % en deux ans.
Dans cette situation économique incertaine, de nouveaux termes émergent pour illustrer les défis que subissent les consommateurs. Parmi ceux-ci, la stretchflation, visant à expliquer l’augmentation trompeuse des prix face à une légère augmentation des quantités. Ce phénomène est souvent comparé à la shrinkflation, qui, elle, réduit les portions sans ajustement de prix. Voyons plus en détail ce concept et ses implications pour les consommateurs français.
La stretchflation, c’est quoi ?
La stretchflation représente une nouvelle pratique commerciale au sein des rayons des supermarchés. Alors que la shrinkflation (raccourcissement des portions) est devenue réglementée au travers d’un arrêté en avril 2024, la stretchflation repose sur un concept opposé. Cela consiste à augmenter la quantité d’un produit tout en faisant grimper son prix de manière parfois démesurée.
Un exemple pertinent est celui des Original Bun's de McCain dont le poids a été modifié de 400 à 460 g, mais avec une hausse de prix de 2,93 à 3,99 €, représentant une augmentation de 35 % pour une légère augmentation de 15 % de la portion. Cette technique, apparemment séduisante, se révèle être une facette trompeuse de la stratégie commerciale visant à manipuler la perception du consommateur.
Origines de la stretchflation
Face aux difficultés économiques, les industriels de l'agroalimentaire ont adopté des stratégies novatrices pour maintenir leur rentabilité. Plusieurs facteurs motivent cette approche :
- Augmentation des coûts liés aux matières premières, à l’énergie et à la main-d'œuvre.
- Inflation généralisée impactant le marché.
- Concurrence accrue, notamment depuis la montée des commerces en ligne.
- Perturbations des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale.
- Stratégies de marketing agressives visant à séduire le consommateur.
Ces facteurs combinés poussent les entreprises à masquer la hausse des coûts par cette méthode, compromettant ainsi la qualité perçue des produits.
Conséquences pour le consommateur
Bien que la stretchflation soit légale, elle pose des questions éthiques. Les consommateurs, face à cette augmentation subtile de prix, peuvent se sentir trompés. Ce phénomène influence directement leur pouvoir d'achat, créant une inflation cachée difficile à détecter. En fin de mois, ce coût additionnel fragilise le budget familial.
La stretchflation peut également nuire à la confiance des consommateurs, entraînant une baisse de satisfaction. Par ailleurs, elle complique la comparaison des prix, obligeant chacun à porter une attention accrue aux poids et prix des produits dans les rayons. Ce phénomène pourrait renforcer les inégalités sociales, impactant davantage les ménages les plus vulnérables.
Pour faire face à la stretchflation, plusieurs stratégies s’offrent aux consommateurs :
- Comparer les prix au kilo plutôt qu'à l’unité.
- Lire les étiquettes en détail.
- Acheter en vrac pour éviter de payer pour des quantités superflues.
- Opter pour des marques distributeurs souvent plus abordables.
- Se tourner vers des offres promotionnelles et programmes de fidélité.
- Favoriser les achats locaux en circuit court.
- Être attentif aux changements d’emballage ou de format.
- Choisir des aliments de saison, moins coûteux.
Adopter une bonne planification des repas et dresser des listes de courses représentent également des moyens efficaces pour maîtriser son budget. De plus, se renseigner via des avis en ligne ou les réseaux sociaux peut s'avérer judicieux pour éviter des pièges liés à cette inflation sournoise.







