Le gouvernement a récemment présenté un projet de loi lors du Conseil des ministres le 7 mai 2025, visant à favoriser l'emploi des seniors. Ce projet inclut la réduction de l'âge d'accès à la retraite progressive à 60 ans, à partir du 1er septembre 2025. Ce dispositif permet de réduire progressivement son activité professionnelle tout en percevant une partie de sa pension. L'initiative vise à accompagner les carrières longues et les métiers à forte pénibilité. Mais quelles sont les conditions requises ? Qui peut réellement en bénéficier ? Décryptage des nouvelles règles.
L’âge minimum abaissé : un virage décisif
Avant 2025, seuls les individus nés avant le 1er septembre 1961 pouvaient demander une retraite progressive à 60 ans. Les autres devaient attendre entre 60 ans et 3 mois et 62 ans, en fonction de leur date de naissance. La loi de 2023 ayant repoussé l'âge légal à 64 ans créait des incertitudes autour de ce dispositif. La réforme de 2025 offre un nouvel espoir avec l'abaissement de l'âge d'éligibilité à 60 ans pour tous, facilitant ainsi une transition en douceur vers la retraite.
À partir de cette date, tout salarié, agent public ou indépendant pourra demander à entrer dans le dispositif, à condition de remplir certaines conditions. Ce changement devrait bénéficier à environ 300 000 personnes supplémentaires par rapport aux prévisions antérieures.
Un cadre professionnel élargi
La réforme vise également à résoudre les inégalités en intégrant davantage de catégories professionnelles. Ainsi, en plus des salariés et des indépendants, le dispositif s'étend désormais à :
- Les fonctionnaires titulaires sous réserve de formaliser une réduction de leur temps de travail ;
- Les professions libérales, qui doivent justifier d'une baisse mesurable de leurs revenus ;
- Les affiliés à certains régimes spéciaux.
En réponse à un marché du travail qui évolue, cette réforme représente une avancée significative, permettant à des travailleurs de quitter progressivement le marché du travail.
Conditions et démarches à suivre
Outre l'âge, une durée minimale d'assurance de 150 trimestres est requise pour tous les régimes. Cela vise à garantir que seules les personnes ayant accumulé une partie significative de leur carrière soient éligibles. Les trimestres peuvent inclure des périodes cotisées et assimilées (comme les arrêts de travail ou les congés maternité). Même avec des interruptions de carrière, il est possible d'accéder à ce dispositif le cas échéant.
Les démarches ne sont pas automatiques. Il est impératif de faire la demande auprès de la caisse de retraite environ six mois avant la date souhaitée. Les salariés doivent obtenir l’accord de leur employeur, qui peut tacitement accepter si aucune réponse n'est fournie sous deux mois. Les fonctionnaires, de leur côté, doivent obtenir une autorisation de leur administration. Les indépendants doivent présenter un engagement de réduire leur activité, en accompagnant leur demande de documents comptables.
Le temps de travail réduit peut varier selon les statuts :
- Entre 40 et 80 % d'un temps plein pour les salariés ;
- Entre 50 et 90 % pour les fonctionnaires ;
- Entre 87 et 174 jours pour les indépendants utilisant un forfait jour.
Toutes les démarches se font désormais en ligne, bien qu'il soit conseillé de conserver les copies physiques des documents envoyés.
En conclusion, la retraite progressive représente une opportunité significative pour de nombreux actifs souhaitant diminuer leur volume de travail tout en établissant un équilibre financier. Bien préparer sa demande et comprendre les exigences spécifiques est crucial pour profiter pleinement de ce système enrichi.







