Vous envisagez de faire un don d'argent à un enfant ou un petit-enfant ? Les règles fiscales peuvent parfois sembler complexes. Pour vous éclairer, deux notaires, Maître Stéphanie Gaillard et Maître Alexandra Rosenthal, partagent leurs conseils sur la meilleure façon de procéder sans se heurter à l'administration fiscale.
Les présents d'usage et leurs limites
Il est fréquent que des parents ou grands-parents souhaitent apporter un soutien financier à leurs enfants ou petits-enfants, par exemple pour des dépenses imprévues. Les dons qualifiés de "présents d'usage" peuvent bénéficier d'une certaine tolérance de l'administration fiscale. Ces dons doivent être offerts lors d'occasions spéciales, telles que des anniversaires ou des célébrations, et leur montant doit être proportionnel aux revenus et au patrimoine du donateur. En petite touche, un montant total de 1,5% du patrimoine semble raisonnable pour éviter les soucis administratifs. Étant donné que votre mère offre une aide pour des besoins quotidiens, il est conseillé de revoir cette approche afin d'éviter tout malentendu.
Cadeaux à l'occasion d'événements spéciaux
Lorsqu'il s'agit d'offrir de l'argent pour des occasions telles que les anniversaires ou Noël, il n'existe pas de règle formelle précisant un pourcentage exact à suivre. Toutefois, il est recommandé de rester dans des montants raisonnables qui reflètent vos capacités financières. En cas de contestation, chaque situation est évaluée individuellement par les tribunaux, ce qui nécessite un équilibre prudente entre le montant offert et votre situation financière.
Les donations exonérées : ce qu'il faut retenir
Pour aider un enfant sans payer de droits de donation, vous pouvez donner jusqu'à 100 000 euros par parent et par enfant. En outre, un abattement additionnel de 31 865 euros est également disponible, sous certaines conditions. Cela signifie qu'un couple pourrait offrir jusqu'à 263 730 euros sans implications fiscales. Ces abattements peuvent être réutilisés tous les 15 ans, permettant ainsi de planifier des dons à long terme.
Pour des dons à d'autres proches comme des frères, sœurs ou neveux, des montants spécifiques sont exonérés, mais il faut respecter certaines limites. Par exemple, vous pouvez donner jusqu'à 15 932 euros par frère ou sœur sur une période de 15 ans sans déclarer ces dons.
Enfin, pour un don au-delà des limites fixées, une déclaration auprès de l'administration fiscale est nécessaire pour éviter les surprises désagréables. En somme, en respectant ces règles et conseils, vous pouvez offrir votre aide financière tout en préservant vos intérêts fiscaux.







